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Mercredi 31 janvier 2007
Cette recette a été réalisée d'après celle de 100 % gourmande (ton prénom ?), je l'avais repéré et j'avais alors décidé d'incorporer du chorizo. Je savais qu'IL aimerait ça, cela n'a pas manqué ! Seul défaut, un peu sec (un peu trop de pâte sans doute comparativement aux autres ingrédients...)

Ingrédients (tout divisé par deux...)
- 75 grammes de farine
- 20 grammes de parmesan (pas assez à SON goût)

- 1 oeuf
- 40 grammes de beurre
- 1 pincée de sel

- 1 cuillère à café de levure
- 1 cuillère à soupe de poudre de noisette (c'est mon dada, en ce moment)
- 15 grammes de tomates séchées
- 20 grammes de chorizo

Préparation
Mélanger la farine, la poudre de noisette, la levure, le sel, le parmesan. Ajouter l'oeuf et le beurre, puis les autes ingrédients.
Former les cookies et faire cuire au four à 210° C durant 10 minutes environ.

A l'avenir, je ferai des mini cookies que j'enrichirai d'herbes (origan, thym) et j'ajouterai davantage d'ingrédients... Mais bon, IL a aimé, c'est le principal !
Par Nathalie Merceron - Publié dans : Recettes - Mise en bouche
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Mercredi 31 janvier 2007


Bon, je me lance ! Car c'est rigolo ce "concours orange/petites graines" lancé par ô délices, cela permet de voir ce dont on est capable (ou pas ! Il y a eu quelques ratés autour d'un bonbon gélifié enrobé de sésame : super bon mais pas gélifié du tout, à croire qu'à force de cuire des confitures, je suis infichue de fabriquer des pâtes de fruits, sauf la pâte de coing).

Evidemment, je suis loin d'être aussi douée que nombre d'entre vous (c'est terriblement frustrant d'avoir de l'imagination en cuisine mais ni le matériel adéquat ni le tour d emain magique et la facilité de certaines...), je connais mes limites mais il est bon parfois de les "forcer"...

Bref, après ce bug navrant, nouvel essai, plus à ma portée : une soupe d'oranges c'est facile à préparer et néanmoins exquis ! Accompagné d'un gressin sucré au sésame ce sera encore meilleur !
"Trempe ton pain, trempe ton pain dans la soupe" dit la chanson. Là, ce sera l'affaire du gressin !

Ingrédients (pour 2 ou 3 "soupes")
- 1 orange à jus
- 1 orange charnue type navel
- 1 orange sanguine
- 1 cuillère à soupe de miel (d'oranger ou à défaut, de lavande)
- 1 demi cuillère à café de 4 épices
- 1 demi cuillère à café de cannelle en poudre
- 1 pincée de clou de girofle
et pour décorer, quelques fleurs de macis

pour les gressins (NB j'ai utilisé la moitié de la pâte, j'ai congelé le reste)
- 260 grammes de farine
- 100 grammes de sucre
- 15 grammes de levure de boulanger
- 130 ml d'eau
- 30 ml d'huile d'olive + 1 ou 2 cuillère à soupe
- 4 cuillères à soupe de sésame

Préparation
Confectionner les gressins : mélanger la levure à un peu d'eau tiède, puis ajouter la farine, le sucre, l'eau et l'huile. Mélanger, façonner un rectangle d'environ 20cmx10 cm, badigeonner d'huile d'olive et laisser reposer (elle a gonflé durant 2 heures). Couper la pâte en deux rectangles d'environ 10x7 et couper dans un de ces rectangles, 12 gressins d'1 cm de large. Allonger chaque gressin de sorte qu'ils mesurent 30 cm de long environ. Les rouler dans le sésame et badigeonner d'huile, puis laisser à nouveau 10 minutes avant d'enfourner.

Faire cuire 30 minutes à 200 °C, puis laisser sécher 10 à 15 minutes pour atteindre le croustillant recherché du gressin.
Laisser refroidir les gressins.





Presser l'orange à jus. Peler à vif (si possible) les deux autres fruits, les couper en fins morceaux. Mettre les oranges et le jus dans une casserole, ajouter le miel et les épices, mélanger et faire tiédir,
décorer de fleurs de macis et d'une rondelle d'orange sanguine et servir avec un ou deux gressins.
Par Nathalie Merceron - Publié dans : Recettes - Plaisirs sucrés
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Mercredi 31 janvier 2007
Je ne résiste pas au plaisir de vous faire lire ce texte magnifique de l'entomologiste Jean-Henri Fabre, vauclusien d'origine et amoureux de sa Provence natale, au sujet du chien truffier (ou chien rabassier)...

"Qui n'a pas vu le chien cherchant la truffe ignore une des plus belles prouesses du sens olfactif. Absorbé dans ses fonctions, l'animal va, le nez au vent, le pas modéré. Il s'arrête, interroge le sol d'un coup de narines, et, sans insister, gratte un peu de la patte. « Ca y est, maître, semble-t-il dire du regard ; ça y est. Foi de chien, la truffe est là. »

Et il dit vrai. Le maître fouille au point indiqué. Si la houlette s'égare, le chien la fait remettre dans la bonne direction en reniflant un peu au fond du trou. N'ayez crainte des pierrailles, des racines rencontrées : en dépit des écrans et de la profondeur, le tubercule viendra. Nez de chien ne peut mentir.

Subtilité d'odorat, dit-on. Je veux bien, si l'on entend par là que les fosses nasales de l'animal sont l'organe percepteur ; mais la chose perçue est-elle toujours une simple odeur dans la vulgaire acception du terme, un effluve comme l'entend notre propre impressionnabilité ? J'aurais quelques raisons d'en douter. Racontons la chose.

A diverses reprises, j'ai eu la bonne fortune d'accompagner un chien des mieux experts en son métier. Certes il ne payait pas de mine, l'artiste que je désirais tant voir travailler : chien quelconque, placide et réfléchi, disgracieux, mal peigné, non admissible aux intimités du coin du feu. Talent et misère fréquemment vont de pair.

Son maître, célèbre rabassier [ Rabasso est le nom provençal de la truffe. D'où le terme de rabassier pour désigner un chercheur de truffes. ] du village, convaincu que mon dessein n'était pas de lui dérober ses secrets et de lui faire un jour concurrence, m'admit en sa compagnie, gracieuseté non prodiguée. Du moment que je n'étais pas un apprenti, mais un simple curieux qui dessinait et mettait par écrit les choses végétales souterraines, au lieu d'apporter à la ville mon sachet de trouvailles, gloire de la dinde aux fêtes de la Noël, l'excellent homme se prêta de son mieux à mes vues.

Il fut convenu entre nous que le chien agirait à sa guise, avec la récompense obligatoire après chaque découverte, n'importe laquelle, un croûton de pain gros comme l'ongle. En tout point gratté de la patte il serait fouillé, et l'objet indiqué serait extrait sans préoccupation de sa valeur marchande. Dans aucun cas, l'expérience du maître ne devait intervenir pour détourner la bête d'un point où la pratique des choses n'indiquerait rien de commercial, car aux morceaux de choix, accueillis, bien entendu, quand ils se présentaient, mon relevé botanique préférait les misérables productions non admises au marché.

Ainsi conduite, l'herborisation souterraine fut très fructueuse. De son nez perspicace, le chien me fit indifféremment récolter le gros et le menu, le frais et le pourri, l'inodore et l'odorant, le parfumé et l'infect. J'étais émerveillé de ma collection, comprenant la majeure partie des champignons hypogés de mon voisinage.

Quelle variété de structure et surtout de fumet, qualité primordiale en cette question de flair ! Il y en a sans rien autre d'appréciable qu'un vague relent fungique, qui partout se retrouve, plus ou moins net. Il y en a qui sentent la rave, le chou pourri ; il y en a de fétides, capables d'apuantir l'habitation du collectionneur. Seule la vraie truffe possède l'arôme cher aux gourmets.

Si l'odeur comme nous l'entendons est son unique guide, comment fait le chien pour se reconnaître au milieu de ces disparates ? Est-il averti du contenu du sol par une émanation générale, l'effluve fungique, commune aux diverses espèces ? Alors surgit question bien embarrassante.

J'étais attentif aux champignons ordinaires, dont beaucoup, encore invisibles, annonçaient leur prochaine sortie en crevassant le sol. Or, en ces points, où mon regard devinait le cryptogame refoulant la terre sous la poussée de son chapeau, en ces points où la vulgaire odeur fungique était certainement très prononcée, je n'ai jamais vu le chien faire station. Il passait dédaigneux, sans reniflement, sans coup de patte. La chose cependant était sous terre, pareille de fumet à ce qu'il nous indiquait parfois.

Je revins de l'école du chien avec la conviction que le nez dénonciateur de la truffe a pour guide mieux que l'odeur telle que nous la concevons d'après nos aptitudes olfactives. Il doit percevoir en plus des effluves d'un autre ordre, pleins de mystère pour nous, non outillés en conséquence. La lumière a ses rayons obscurs, sans effet sur notre rétine, mais non apparemment sur toutes. Pourquoi le domaine de l'odorat n'aurait-il pas ses émanations clandestines, inconnues de notre sensibilité et perceptibles avec une olfaction différente ?

Si le flair du chien nous laisse perplexes en ce sens qu'il nous est impossible de dire au juste, de soupçonner même ce qu'il perçoit, du moins il nous affirme clairement quelle erreur serait la nôtre si nous rapportions tout à la mesure humaine. Le monde des sensations est bien plus vaste que ne le disent les bornes de notre impressionnabilité. Faute d'organes assez subtils, que de faits nous échappent dans le jeu des forces naturelles !"


                                                  Jean-Henri Fabre, Souvenirs entomologistes
Par Nathalie Merceron - Publié dans : Littéraire et cinéphile
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Mercredi 31 janvier 2007

©José Nicolas
A l’époque de la maturation, qui s’étend de novembre à mars, le trufficulteur, accompagné d’un chien ou d’un porc selon les régions, entame sa quête à travers la truffière. L’animal, attiré par l’odeur caractéristique de la truffe, fouille la terre de ses pattes ou de son groin pour extraire les tubercules, que le maître s’empresse de ramasser avant que l’animal ne les mange ; il s’agit surtout du cochon pour qui la truffe est une véritable gourmandise (que le truffier remplace aussitôt par des fèves pour satisfaire l’appétit du glouton) mais il arrive aussi que les chiens croque leur récolte !

Pour que le cavage (nom donné à cette fouille) soit un succès, le chien doit être habitué voire dressé dès don plus jeune âge (les éleveurs conseillent de démarrer la sensibilisation canine avant 5 mois) ; on leur fait renifler la truffe (parfois on en badigeonne les mamelles de leur mère !) et lorsque l’essai est transformé on les récompense de caresse et de friandises, il en existe d’ailleurs parfumées à la truffe pour l’apprentissage du cavage... Dès qu’ils sont aguerris, les chiens truffiers peuvent se revendre à des prix prohibitifs, de 1500 à 4500 euros, voire plus s’il s’agit de champion s de concours de cavage !
 
 
 
 
 
 
 

"Malgré sa longue pratique du métier, malgré l'arôme du tubercule qu'il cherche, le rabassier ne peut deviner la truffe, qui mûrit l'hiver sous terre, à un pan ou deux de profondeur ; il lui faut le concours du chien ou du porc, dont l'odorat scrute les secrets du sol. Eh bien, ces secrets, divers insectes les connaissent, mieux encore que nos deux auxiliaires. Pour découvrir la tubéracée dont se nourrit leur famille de larves, ils possèdent un flair d'exceptionnelle perfection."
Cette analyse tirée des Souvenirs entomologistes de Jean-Henri Fabre montre qu'il existe d'autres "truffiers" plus inédits encore...

Le
rabassier
peut ainsi également pratiquer la chasse à la mouche : On s'avance en balayant le sol avec une baguette, face au soleil, et l'on repère l'endroit d'où s'envolera l’insecte venu pondre sur la truffe ; en suivant des mouches "rabassières" (Helomyza tuberivora) ou des mouches rousses (Suilla Gigantea), le trufficulteur parvient à proximité des larves de l’insecte, jusqu’aux truffes… 

Par Nathalie Merceron - Publié dans : Savoir faire
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Mardi 30 janvier 2007
Autant affaire de terroir que de variétés, la truffe fait la réputation des régions dans lesquelles elle prospère...

C’est dans un sol riche et humide, aux pieds de chênes (plus rarement des tilleuls, charmes ou châtaigniers) fournissant le mycélium nécessaire à l’épanouissement des truffes, que se développe ce "champignon" souterrain. La truffe noire, tuber melanospurum, autrement appelée "rabasse", est produite à 80% dans le Sud-Est de la France (Drôme, Vaucluse, Alpes de Haute Provence), le reste provenant du Sud-Ouest (Périgord, Dordogne, Lot).

La trufficulture se prolonge hors de nos frontières, vers la péninsule ibérique jusqu’à Guadalajara, et en ItalieAttention à la truffe chinoise jusqu’à Rome ; on y trouve des truffes noires type "melano" et des truffes blanches du Piémont. Le record de la plus grosse truffe est détenu par Giancarlo Zigante, qui a trouvé le 2 novembre 1999, près de Livade, un petit village d’Istrie, un tubercule pesant 1,310 kg ! qui arrive sur le marché : de moins belle qualité, très peu parfumée, elle est bien évidemment meilleur marché (8 fois moins chère !) mais rien de comparable avec la "melano" française !

On trouve dans la nature une dizaine de variétés, dont très peu possèdent un réel intérêt gustatif :

- la tuber melanospurum, dite truffe de Périgord ou truffe du Tricastin (la "rabasse"). De forme arrondie, elle pèse en moyenne 60 grammes. Sous l’enveloppe sombre, sa chair est noire violacée, veinée de blanc à maturité, qu’elle atteint entre les mois de novembre et mars. Son parfum est particulièrement envoûtant. Des "senteurs d'ail et de fromage" pour certains, "sucré et capiteux" pour d'autres, "souffré et aminé" pour les scientifiques : la truffe noire ne laisse pas indifférent et pour les connaisseurs, c’est de loin la meilleure !
- La tuber magnatum pico, dite truffe blanche du Piémont ou d’Alba. Sa peau est lisse et de couleur ocre et développe des senteurs aillées, qu’elle perd à la cuisson. Cette truffe d’automne (période de récolte) ne se consomme donc que fraîche.

- La tuber brumale, ou truffe musquée. En tout point semblable à la "melano", sa peau se détache néanmoins plus facilement que celle de sa sœur jumelle et surtout, elle est nettement moins goûteuse.

- La tuber aestivum dite truffe d’été ou de la Saint-Jean. Récoltée de mai à septembre, sa chair est blanche mais ne possède aucunement les qualités de la magnatum pico. A contrario, l’appellation "truffe" est interdite et le qualificatif "truffé" n’est pas non plus autorisé sur les étiquettes des produits auxquels on l’ajoute. Attention donc aux fraudes à la véritable truffe blanche !

- La tuber uncinatum, dite truffe grise ou truffe de Bourgogne. Récoltée de septembre à janvier, elle se rapproche de la truffe d’été et supporte un climat un peu plus froid que les autres variétés. Elle est plutôt savoureuse à condition de la déguster sitôt après la récolte.

- La tuber indicum, dite truffe de Chine. Elle ressemble à s’y méprendre à notre "melano" mais elle est de moins belle qualité et moins parfumée.

- La tuber macrosporum. De qualité moyenne, elle se récolte à hauteur de 2 tonnes seulement par an dans le nord de l’Italie. D’un aspect rouge sombre, presque lisse, à la chair pourpre, sa rareté en fait une véritable curiosité.
Par Nathalie Merceron - Publié dans : Terroir et gastronomie régionale
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