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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 06:00

En ce week-end, célébrons le pain et pétrissons à tour de bras, ou en tout cas mangeons du bon pain, celui du fournil, celui qui a vu la main de l'artisan boulanger ! Pour ma part, je vous offre un florilègelittéraire sur le pain :

 

Cuisson du pain d'Emile Verhaerenpains2.jpg

Les servantes faisaient le pain pour les dimanches,
Avec le meilleur lait, avec le meilleur grain,
Le front courbé, le coude en pointe hors des manches,
La sueur les mouillant et coulant au pétrin.

Leurs mains, leurs doigts, leur corps entier fumait de hâte,
Leur gorge remuait dans les corsages pleins.
Leurs deux doigts monstrueux pataugeaient dans la pâte
Et la moulaient en ronds comme la chair des seins.

Le bois brûlé se fendillait en braises rouges
Et deux par deux, du bout d’une planche, les gouges
Dans le ventre des fours engouffraient les pains mous.

Et les flammes, par les gueules s’ouvrant passage,
Comme une meute énorme et chaude de chiens roux,
Sautaient en rugissant leur mordre le visage.

 

Le pain de Francis Ponge (poème en prose)

La surface du pain est merveilleuse d'abord à cause de cette impression quasi panoramique qu'elle donne : comme si l'on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes. Ainsi donc une masse amorphe en train d'éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s'est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses… Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, - sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente. Ce lâche et froid sous-sol que l'on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable… Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation.

 

Fête du blé, fête du pain de Paul Verlaine

C’est la fête du blé, c’est la fête du pain
Aux chers lieux d’autrefois revus après ces choses !
Tout bruit, la nature et l’homme, dans un bain
De lumière si blanc que les ombres sont roses.

L’or des pailles s’effondre au vol siffleur des faux
Dont l’éclair plonge, et va luire, et se réverbère.
La plaine, tout au loin couverte de travaux,
Change de face à chaque instant, gaie et sévère.

Tout halète, tout n’est qu’effort et mouvement
Sous le soleil, tranquille auteur des moissons mûres,
Et qui travaille encore imperturbablement
À gonfler, à sucrer là-bas les grappes sures.

Travaille, vieux soleil, pour le pain et le vin,
Nourris l’homme du lait de la terre, et lui donne
L’honnête verre où rit un peu d’oubli divin.
Moissonneurs, — vendangeurs là-bas ! — votre heure est bonne !
 
Car sur la fleur des pains et sur la fleur des vins,
Fruit de la force humaine en tous lieux répartie,
Dieu moissonne, et vendange, et dispose à ses fins
La Chair et le Sang pour le calice et l’hostie !

 

L'ode au pain (extrait) de Pablo Neruda

Nous irons, couronnés d’épis,
conquérir
terre et pain pour tous,
et alors la vie aussi
aura forme de pain,
elle sera simple et profonde,
innombrable et pure.
tous les êtres auront droit
à la terre et à la vie,
et ainsi sera le pain de demain,
le pain de chaque bouche,
sacré, consacré,
parce qu’il sera le produit
de la plus longue et la plus durepain.jpg
lutte humaine.
elle n’a pas d’ailes,
la victoire terrestre :
elle a du pain aux épaules,
courageuse elle vole
et libère la terre,
comme une boulangère
que porte le vent

 

Les effarés d'Arthur Rimbaud

Noirs dans la neige et dans la brume,
Au grand soupirail qui s'allume,
Leurs culs en rond,
 
À genoux, cinq petits, - misère ! -
Regardent le boulanger faire
Le lourd pain blond...
 
Ils voient le fort bras blanc qui tourne
La pâte grise, et qui l'enfourne
Dans un trou clair.
 
Ils écoutent le bon pain cuire.
Le boulanger au gras sourire
Chante un vieil air.
 
Ils sont blottis, pas un ne bouge,
Au souffle du soupirail rouge,
Chaud comme un sein.
 
Et quand pendant que minuit sonne,
Façonné, pétillant et jaune,
On sort le pain ;
 
Quand, sous les poutres enfumées,
Chantent les croûtes parfumées,
Et les grillons ;
 
Quand ce trou chaud souffle la vie ;
Ils ont leur âme si ravie
Sous leurs haillons,
 
Ils se ressentent si bien vivre,
Les pauvres petits plein de givre,
- Qu'ils sont là, tous,
 
Collant leur petits museaux roses
Au grillage, chantant des choses
Entre les trous,
 
Mais bien bas, - comme une prière...
Repliés vers cette lumière
Du ciel rouvert,
 
- Si fort, qu'ils crèvent leur culotte,
- Et que leur lange blanc tremblote
Au vent d'hiver...

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commentaires

BenCo 18/10/2010 06:01



Ce billet me fait penser q'il faut absolument que je trouve 30 min pour te poster les recettes dont je t'avais parlé ;o)



ça sent beau... 17/10/2010 22:01



Gourmandise et poésie font bon ménage !



Hélène 17/10/2010 11:26



Merci pour tous ces pains et les poèmes qui les accompagnent.



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