Mardi 26 février 2008

Selon une étude de 60 millions de consommateurs, les prix de produits laitiers et céréaliers se sont envolés entre novembre et janvier de 5% à 48%

Face cette flambée des prix des produits alimentaires, François Fillon a ainsi annoncé lundi soir une série de mesures "coup de poing" pour lutter contre ce qu'il estime être des abus de la part des industries et des distributeurs. "Il y a manifestement des abus de la part d'industries et des distributeurs qui profitent des hausses de matières premières agricoles pour accroître leurs marges", a déclaré le premier ministre.

La publication en mars prochain des premiers résultats de l'Observatoire des prix et des marges créé en novembre 2007 suivra  un premier panel, portant sur vingt produits phares, analysé d'ici la fin de la semaine. Une Haute autorité de la concurrence "aux pouvoirs accrus" serait créée dans la foulée afin de réguler le niveau des prix. Matignon promet en outre une "réforme de la règlementation afin de permettre la négociabilité des tarifs et une compétition accrue entre les distributeurs".

Ces annonces interviennent après une rencontre à Matignon entre François Fillon, la ministre de l'Economie Christine Lagarde, le ministre de l'Agriculture Michel Barnier et le secrétaire d'Etat à la Consommation Luc Chatel, suite à la parution d'une étude de l'Institut national de la consommation, publiée mardi dans 60 millions de consommateurs. Selon elle, les prix de produits laitiers et céréaliers se sont envolés entre novembre et janvier de 5% à 48%. De 31% à 45% d'augmentation pour les spaghettis, 17% à 40% pour les yaourts, 10% à 44% pour le jambon, "ça n'augmente pas, ça flambe !", lit-on dans l'étude de l'INC. "Grandes marques, premiers prix ou marques de distributeurs, aucun type de référence ne semble épargné, même si toutes ne brûlent pas avec la même ferveur", écrivent les auteurs.

Pour le secrétaire d'Etat à la Consommation, Luc Chatel, la répercussion sur les prix d'une partie de la hausse des matières premières agricoles n'"est pas complètement anormale". "Ce qui est anormal, c'est que certains industriels et certains grands distributeurs utilisent cet événement mondial comme alibi pour passer des hausses complètements injustifiées", a-t-il expliqué sur France 3. "Distributeurs et industriels se partagent le gâteau au détriment du consommateur", a-t-il dit. Selon Luc Chatel, la loi sur la consommation qui entrera en vigueur le 1er mars "va permettre aux distributeurs de refaire du commerce, c'est-à-dire d'abaisser le seuil de revente à perte, de rendre au consommateur le fruit des négociations qu'il a avec ses fournisseurs". "C'est un premier pas et ça nous conforte dans l'idée d'aller plus loin", a-t-il dit.
A suivre, n'est ce pas Stella de la Rhune ?

par Tiuscha publié dans : Economie
Dimanche 11 novembre 2007
Le marché du champignon de couche est difficile à cerner : les chiffres concordent difficilement d'un interlocuteur à l'autre et dépassent rarement l'année 2001. Le point de vue économique est donc délicat et soumis à interprétation et extrapolation... Une certitude cependant : le champignon de Paris est le champignon le plus cultivé, en France et dans le monde.
Les autres espèces, hors champignons sylvestres, ne représentent qu'un trentième du tonnage et moins de 5% de la valeur marchande. La situation est différente en Asie et elle commence à évoluer en Amérique du Nord. Les consommateurs européens aussi expriment un intérêt croissant pour les produits « exotiques », comme le shii-také par exemple, l' « oreille de judas » (ou « oreille de chat », champignon noir chinois), les champignons parfumés chinois... On trouve également diverses variétés de pleurote, des pieds bleus, volvaires, pholiotes...

Au total, un peu plus d'un milliard de tonnes de champignons cultivés sont produits par an dans le monde ! Au quatrième rang derrière les Etats-Unis, la Chine et les Pays-Bas, la France concentre la quasi-totalité de sa production en Val de Loire et en Maine et Loire. Au menu, des champignons de Paris (environ 200 000 tonnes par an), des pleurotes, des pieds bleus, des coprins chevelus...

En France, la consommation a triplé en trente ans et sa structure s'est quelques peu modifié : 60% de champignons frais, 10% de champignons congelés, 30% de champignons en conserve. Côté champignons séchés, très peu de débouchés : la fraîcheur est considérée comme un absolu, la conservation par dessication comme un pis aller... Question d'apparence, car la plupart des atouts du champignon restent intacts.

Focus sur le shii-také
Le shii-také (connu sous nos latitudes comme étant le lentin de chêne) est depuis des siècles réputé pour ses qualités dynamisantes. « Elixir de vie » en Chine, aphrodisiaque au Japon, les médecines traditionnelles asiatiques le prescrivent depuis des siècles !
Les effets de l'utilisation du Shii-take ont été décrits pour la première fois par un grand médecin chinois, Wu Shui, qui vécut sous la dynastie Ming (1364-1644) : la consommation de Shii-take permet au corps de mieux résister aux agressions extérieures en se défendant contre les affections de l'organisme.

En Californie, on recommande la consommation de shiitake dans la diète des patients atteints de pathologies du système immunitaire. Comme les figues, ce type de champignon contient de la benzaldéhyde, un élément anti-cancérigène, et surtout du lentinane (voir paragraphe précédent). À Taïwan, on utilise le thé de Shii-take afin de dissoudre les graisses ; il stimulerait la fonction des reins et diminuerait la tension.
Ses vertus thérapeutiques et nutritionnelles n'ont d'égales que ses atouts culinaires : sa saveur concentrée rappelle celui des champignons sylvestres et il est parfois comparé au cèpe ! Un avantage que ne possèdent ni le champignon de Paris ni la pleurote. « Un peu cher, il peut toutefois être utilisé en quantité modérée car c'est son parfum subtil et sa consistance douce que nous voulons mettre en valeur - nous pouvons alors le travailler en tant qu'aromate. » Dixit le chef Guy Savoy, grand amateur de champignons...

Deuxième production au rang mondial, il reste l'apanage des pays asiatiques (Chine surtout, puis Japon, Corée, Taïwan...). Pourtant, il s'en produit de plus en plus en France. Une entreprise bretonne en est fait sa spécialité et est devenue le premier producteur européen sur cette niche lucrative avec 300 tonnes par an, dont 50% réservés à l'export ! Le lentin est encore un produit de luxe mais une demande croissante devrait à terme le mettre à portée de toutes les bourses.
par Tiuscha publié dans : Economie
Vendredi 19 octobre 2007
Les poires d'été représentent environ 50% de la production annuelle. Elles sont récoltées de mi-juillet à septembre et commercialisées jusqu'en octobre. Les poires d'automne représentent 30% de la production totale. Elles sont récoltées de mi-septembre à novembre et commercialisées jusqu'en février-mars. Les poires d'hiver représentent quant à elles environ 20% de la production. Une seule variété : la Passe-Crassane, à maturité fin octobre et commercialisée de décembre à mars ; après elle nécessite une conservation en chambre froide pendant quelques semaines. Cette dernière demeure, malgré un verger qui se réduit d'année en année, la variété phare de l'hiver avant l'arrivée des premières poires d'importation de l'Hémisphère Sud.

La région PACA, avec plus de 60 % de la production nationale, est la première région productrice de poires dont près de 80 % de poires d'été. Viennent ensuite le Sud-Ouest et le Val de Loire (respectivement 16 et 13 % de la production).

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L’Europe produit environ 2 350 000 tonnes de poires chaque année. L'Italie, avec une production de 950 000 tonnes, et l'Espagne, avec 600 000 tonnes à son actif, sont ls principaux producteurs de poires. La France occupe la 3ème place avec environ 260 000 tonnes. Enfin, on trouve la Hollande (150 000 tonnes) et la Belgique (140 000 tonnes). L'Hexagone se partage le marché des poires d'été avec l'Espagne (70 000 tonnes chacune) avant l'arrivée massive de la Williams italienne (170 000 tonnes sur 260 000 tonnes de production européenne). Le Bénélux entre ensuite sur le marché très concurrentiel des poires d'Automne.
La France importe au total plus de 80 000 tonnes de poires dont une partie provient de l'hémisphère sud : 15 000 tonnes d’Argentine, 13 000 d’Afrique du sud et 5 000 du Chili.

Mais ces productions du Sud ne servent pas uniquement à pallier le déficit de production nationale de la saison froide : stockées en chambre froide durant plusieurs mois avant le démarrage de la campagne d’été (et conservées à l’azote pour bloquer la maturation des fruits), des poires en provenance d’Amérique du Sud et de Chine sont mises sur le marché, au moment où les variétés françaises apparaissent, cassant les prix et pénalisant lourdement les débouchés français en Europe.

Sous couvert de faire bénéficier leur clientèle de promotions avantageuses et face à l’abondance de l’offre, les enseignes nationales de distribution paient au plus bas prix les producteurs français. La disparition des arboriculteurs programmée ? Ce type de pratiques existe en effet depuis plusieurs années, dans l’indifférence générale et notamment du gouvernement, aveugle aux empressements des centrales d’achat pour détourner la loi !
Un constat, amer pour ce fruit sucré, mais pas seulement : c'est hélas une constante dans bien des domaines alimentaires (et non alimentaires !)...

par Tiuscha publié dans : Economie
Dimanche 26 août 2007
L'ail de Piolenc existe : j'en mange quotidiennement ou presque ! De l'avis de Robert Champ, Grand Maître de la Confrérie, il se distingue de ceux d'autres régions par des têtes plus grosses et des gousses bien pleines. Il semble qu'il ait aussi un goût plus puissant (du coup, pour l'utilisation de l'ail frais, il faut sans doute relativiser les proportions données pour les recettes du blog !) et qu'il se conserve plus longtemps (sous réserve qu'il ait été bien séché et stocké...).

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Et pourtant rien ne prédestinait ce petit village du Vaucluse traversé par la Nationale 7, à cette production aillée... Piolenc a longtemps été producteur de paille à balai, une industrie qui employait le gros des habitants. Jadis (il n'y a pas encore très lontemps), il y avait également des rizières sur des terrains plus proche du Rhône avant que ses crues pluriannuelles n'aient été endiguées) ainsi qu'une production maraîchère paysanne. Subsistent encore quelques vergers non productifs, une productrice locale de melon (petites quantités en revente directe, très belle qualité), un autre de courge (grosse production), et surtout l'ail !

Venu remplacer la paille à balai après-guerre, l'ail est devenu la première denrée produite par de nombreuses familles locales et le premier employeur piolençois. Le sol argileux, lourd, est propice à la culture de l'ail.
A l'époque, les premiers débouchés était le marché quotidien d'Orange où l'on venait vendre ses kilos d'ail en voiture à cheval. Avec la démocratisation de l'automobile, puis des télécommunications, le marché a explosé et s'est porté sur les MIN (marché d'intérêt national) de Cavaillon, créé en 1965, ou celui de Chateaurenard. Durant longtemps, on négocie sur place entre grossistes spécialisés dans l'ail et la multitude de petits producteurs.

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La famille Millet produit ainsi de l'ail depuis les années 30 et voit aujourd'hui la quatrième génération de producteurs. L'affaire reste familiale et le grand-père, Jean Millet, plus de 80 ans mais bon pied, bon oeil, donne un coup de main pour tresser l'ail en vue de la Fête de l'Ail... Il fut pendant plus de quinze ans le Grand Maître de la Confrérie de l'Ail de Piolenc, reste un représentant éminent du monde rural local et est un charmant vieux monsieur avec qui j'ai eu le plaisir de discuter (ainsi qu'avec son petit fils Frédéric) pour connaître l'histoire de l'ail piolençois...

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Avec la mondialisation, l'ail piolençois, comme l'ail français (La France se situe au 25ème rang mondial, loin, très loin devant la Chine), a perdu du terrain face aux importations d'Amérique du Sud ou d'Espagne.
Désormais, il n'y a plus guère qu'un ou deux grossistes en ail, qui imposent leurs conditions, et souvent, les producteurs rentrent avec leur stock invendu. Il ne reste plus aujourd'hui qu'une petite dizaine de producteurs à Piolenc, pour qui l'ail représente qu'une production accessoire. C'est la pépinière fruitière et viticole qui représente le gros des revenus désormais.

Aujourd'hui, il se vend 200 tonnes d'ail piolençois (1% de la production nationale !), essentiellement de l'ail frais (et surtout du blanc, le violet étant très peu représenté) vendu dès la récolte, autour du mois de juin. Il ne reste qu'environ 20% d'ail séché pour les besoins locaux, surtout pour la Fête de l'Ail.

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L'ail s'obtient par semis, ils ont lieu en décembre/janvier (les caïeux ne se reproduisent pas en particulier à cause des maladies). Il existe aussi l'ail d'automne semé en septembre mais à Piolenc, on ne produit que l'ail de Printemps qui est récolté dès mi-avril et jusqu'à mi juillet. L'ail frais se garde bien dans le bas du réfrigérateur, facilement deux mois, tandis que l'ail séché peut se conserver jusqu'au mois de mars, soit presqu'un an ! Les bonnes années, il peut même se conserver plus d'un an mais c'est rarissime...

Pour le conserver, chacun sait qu'on doit pendre les tresses dans un endroit bien ventilé, pas trop humide (il pourrit), ni trop sec (il... sèche !).

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L'ail de Piolenc reste l'emblème de la région, la production s'étend au sud vers Orange, au nord vers Mornas, voire Mondragon, à l'est vers Sérignan et Uchaux. La mondialisation pose la question de l'avenir de l'ail à Piolenc, le prix étant, comme beaucoup de denrées de base, le critère essentiel de sélection dans l'achat de la plupart des consommateurs. Mais il restera encore de longues années liées indissociablement au village de Piolenc...

Merci encore à la famille Millet pour l'accueil (les photos ont été prises dans leur entrepot).
par Tiuscha publié dans : Economie
Mercredi 25 juillet 2007
La salicorne pousse naturellement dans l'eau salée, sur l'ensemble du littoral français mais sa production s'organise depuis longtemps en baie de Somme  et l'on trouve sur l'île de Noirmoutier et de Ré, quelques collectes destinées au commerce...

Les producteurs ont développé deux techniques culturales distinctes et relativement efficaces. L’une, intensive, consiste à prélever dans la nature les espèces poussant sur les terrains les moins salés, et à les adapter à des sols insubmersibles propices à une mécanisation de la culture. L’autre, extensive, favorise, dans le milieu d’origine, la tenue des sols, la multiplication des plants, et empêche la prolifération des plantes concurrentes en les arrachant dès leur apparition.

En baie de Somme, la salicorne pousse spontanément sur des zones de vase salée qui assurent l’essentiel de la production française. Elle est principalement récoltée entre le Hourdel et Saint Valéry sur Somme, essentiellement par les pêcheurs à pied. La Baie de Somme, avec 400 à 500 tonnes de salicornes cueillies chaque année, représente 90% de la production nationale.
Cependant la production dans cette région est menacée par l’envahissement des terrains la spartine. Les chercheurs essayent donc de trouver des moyens de maîtriser le développement de cette espèce concurrente.

En effet, dans son milieu naturel, la salicorne peut être éliminée par d’autres espèces comme la soude maritime, la salicorne ligneuse, l’aster maritime, l’obione et enfin la spartine, très expansive. Celles-ci se mêlent progressivement à la salicorne puis la supplantent. Cela peut prendre, selon les terrains, de deux ou trois ans jusqu'à sept ou huit ans.
Dans le but de valoriser des zones salées à l’abandon et d’offrir une possibilité de diversification pour les agriculteurs, la Chambre d’Agriculture de Charente-Maritime a initié, avec le concours de l’INRA, un projet visant la culture de la salicorne. Celle-ci est délicate à mener car la plante a besoin d’eau douce pour la germination des graines, puis d’eau salée dès qu’elle commence à se développer.

Sur l’île de Ré, des marais salants qui étaient à l’abandon sont aujourd’hui repris par de jeunes exploitants sauniers. La culture de la salicorne est considérée comme une activité complémentaire à la production de sel. Les perspectives à plus long terme sont de s’orienter vers la production de salicorne comme légume, sur un créneau de produit de terroir et de haute qualité. Sur l’île d’Oléron, un projet de valorisation d’anciennes zones d’ostréiculture est à l’étude. Et l'ïle de Noirmoutiers sait aussi valoriser cette ressource originale à fort potentiel minéralisant...

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