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Vendredi 23 octobre 2009
En préambule, il faut différencier entre viandes à griller et viandes à braiser ou à bouillir.
À la cuisson, l'intérieur des fibres musculaires se comporte comme du blanc d'œuf : il durcit,  plus ou moins. Les fibres musculaires sont couvertes d'un tissu fibreux : le collagène. C'est lui qui rend la viande dure et c'est lui qui forme la gélatine qui transforme le bouillon en gelée. Les viandes se distinguent par leur taux de collagène : peu de collagène, la viande est tendre, bonne à griller ; beaucoup de collagène, la viande est dure, bonne à braiser ; cette dernière a de surcroît beaucoup de goût et contient la gélatine qui donne du moelleux au bouillon !


C’est là qu’intervient le vieux débat : démarrage à froid ou à chaud ? Faut-il mettre la viande dans l’eau froide et mettre à ébullition ou, a contrario, doit-on cuire la viande dans l’eau bouillante ? Et quand saler ?
Le démarrage à froid va favoriser la sapidité du bouillon au détriment des viandes qui vont voir leurs éléments gustatifs se diffuser dans l’eau, ce que Brillat-Savarin, dans sa Physiologie du goût, développe dans une théorie appelée "osmazôme", dite également "cuisson par extraction des saveurs". L'osmazôme est cette partie sapide des viandes, qui est soluble à l'eau froide. "C'est l'osmazôme qui fait le mérite des bons potages ; c'est lui qui, en se caramélisant, forme le roux des viandes ; c'est par lui que se forme le rissolé des rôtis, enfin c'est de lui que sort le fumet de la venaison et du gibier" précise-t-il.

Le démarrage à chaud va favoriser la sapidité des viandes qui vont être saisies. Leurs éléments sapides deviennent alors protégés par la coagulation rapide des matières albuminoïdes en surface des morceaux de viande. On parle de "cuisson par concentration des saveurs".
Pour mettre d'accord les 2 écoles, on peut choisir une solution intermédiaire : démarrer à froid la cuisson des viandes gélatineuses
qui donnent du goût au bouillon (certes elles se mangent mais elles peuvent être réservées à un hachis Parmentier). On ajoutera ensuite les morceaux "nobles" destinés à régaler la tablée.

Quant au salage, tout dépend du type de viande, mais l'action de saler accélère la perte de jus, donc de saveur, qui s'enfuit dans la poêle lorsque la viande est grillée, dans la sauce ou le bouillon lorsqu'elle est braisée ou bouillie.
Pour les morceaux nobles, mieux vaut donc saler en fin de cuisson.
Certains préconisent en la matière  de "couper la poire en deux" et suggère un salage à mi cuisson... A vous de voir !

Sources : Hervé This et Brillat-Savarin

Par Tiuscha
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Samedi 12 septembre 2009
En début de semaine était inauguré le formidable laboratoire de recherche Nestlé consacré au chocolat, à Broc en Suisse. Un "centre d'excellence" cela s'appelle ! Le centre d'excellence comprend notammment un laboratoire d'études des consommateurs, une cuisine de maître chocolatier, une «usine» pilote, un laboratoire sensoriel ainsi qu'un laboratoire de conception d'emballage.
La source absolue d'inspiration s'y trouve réunit, comprenez les forces vives, soit 30 personnes au total : confiseurs, experts en chocolat, designers, managers et "marketeurs". Parmi les grands noms conviés à cette réflexion fondamentale : le Belge Pierre Marcolini, l’Alémanique Roger von Rotz, Tristan, un fameux artisan chocolatier romand, ou encore le japonais Yasumasa Takagi. Qualité premium, chocolat de grande origine, épices et gourmandise sont le crédo de la multinationale face à une demande croissante de vrais bons chocolats.

Barry Callebaut n'est pas en reste, qui met actuellement au point un chocolat hypocalorique et qui ne fond pas !
"Un processus spécial de production" et une contenance moindre en beurre de cacao permettent d'obtenir un chocolat capable de résister à des températures élevées, jusqu'à 55°C ! Une aubaine pour diffuser barres et autres gourmandises chocolatées en Asie et en Afrique.

Les chercheurs de Barry Callebaut vont encore plus loin : ils travaillent sur un produit susceptible de rendre les gens "heureux" grâce aux bienfaits de la phényléthylamine, une molécule agissant comme un antidépresseur. Mais est-ce encore du chocolat ?
Par Tiuscha
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Mardi 11 août 2009
"La consommation de poissons et de fruits de mer est en constante augmentation.Trois quarts des stocks mondiaux sont déjà surpêchés ou menacés de l’être. Par ailleurs, d’innombrables organismes marins finissent comme prises annexes dans les filets et sont rejetés morts ou moribonds par-dessus bord." Tel est le préambule du WWF à cette liste indiquant les espèces de poisson à privilégier et celles à éviter. Une liste que vous avez probablement déjà croisée !

En toute honnêteté, c'est un pense-bête que je placarde égoïstement sur mon blog pour m'y faire penser, mais si vous vous sentez concernés, n'hésitez pas à l'afficher aussi sur votre réfrigérateur !
Sans toutefois me sentir
totalement esclave : je ne m'empêche pas de manger ponctuellement, de façon raisonnée, certaines variétés, et surtout j'essaie de privilégier la petite pêche à la pêche industrielle, mais là, on ne sait pas toujours ce qu'il en est. Pour plus d'info, demandez à Patrick (CdM), il sera toujours de bon conseil...


Merci à Lavande pour l'avoir mise en perspective, cette précieuse liste !
Par Tiuscha
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Samedi 13 juin 2009
Un peu tardivement, coup de chapeau à la "semaine de la mer" avec depuis lundi, des visites d’aquarium et de centres de sauvetage, des expositions, des conférences, des soirées thématiques, des animations ludiques et sportives, des nettoyages de plages, des actions de sensibilisation à l'environnement marin, ou encore des exercices de dépollution. En tout plus de 230 manifestations étaient organisées dans toutes les régions littorales mais aussi en Ile-de-France, en Picardie ou en Rhône-Alpes. Une goutte d'eau dans l'ocean des incivilités écologiques ? Peut-être mais c'est à coup de gouttes d'eau, telles que celles que nous ditille Patrick sur son passionnant blog Cuisine de la Mer, que l'on peut prendre conscience des enjeux écologiques, des problèmes de surpêche et de la gestion des stocks océaniques...

En revanche, il n'est pas trop tard pour prendre connaissance de ce "guide des sushis responsables" édité par le site Mes courses pour la planète qui prône bien entendu une consommation dans le cadre du développement durable. Ce guide rappelle notamment quelles sont les espèces à privilégier et celles à proscrire (exit le thon, le saumon, l'anguille, la dorade, les oeufs de cabillaud...) dans vos sushis ; il est téléchargeable ici (clic).

Alors avis aux amateurs de sushis ! Faites un geste pour la planète et maki-llez plutôt la sardine ou la maquereau, le riz vinaigré leur va si bien !


Par Tiuscha
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Vendredi 3 avril 2009
Souvenez-vous, il y a quelques temps déjà, j'annonçais sur le blog un "concours" de cuisine moléculaire, parrainé par Hervé This et Pierre Gagnaire. L'objectif de ce concours était de "moderniser nos traditions culinaires" et de revisiter des plats classiques avec les outils, connaissances scientifiques et divers additifs de la cuisine moléculaire.
J'avais envie de participer, j'ai donc réalisé des billes d'escargot et une terrine de paëlla. Je me devais d'attendre les résultats du concours et la date de la 4e Rencontres Sciences, Art et Cuisine, avant de mettre en ligne la recette. Ce que je ferai dans les jours à venir... Mais en attendant voici le mail que je viens de recevoir d'Hervé This, dans lequel il cite les billes d'escargots bicolores que voici :


Je cite :
"Le vendredi 27 avril 2009 se sont tenues à AgroParisTech les 4e Rencontres Sciences, Art et Cuisine, sur le thème « Modernisons nos traditions, et Cap sur l´innovation ».

J´interprète, sans doute, mais je crois que les organisateurs (Odile Renaudin, Christophe Lavelle, Anne Cazor, Pauline Lachapelle) ont voulu montrer que les  additifs stipulés pour le concours avaient leur rôle à jouer dans une cuisine créative, vivante, moderne, intelligente, saine, bonne en un mot.

Les réalisations ont été superbes, et les prix ont été remis à des personnes admirables, qui avaient fait des travaux extraordinaires, présentés à une assistance très enthousiaste.

Parmi eux :
Des « tournedos Rossini avec des duos de sauces et flutes moussées de foie gras » (une équipe suisse orchestrée par Fernand Beaud),  des tessons de rosace (Alessio Fangano), des « tomates gigognes » (Elise Labide), des « spaghettis de framboise » (équipe d´HEI Lille encadrée par David Marseault), des « bouilllabaisses » (Thomas Cabrol), des « oeufs en gelée » (Karen Atlan), des « billes d´escargot (Nathalie Merceron), la « tarte aux pommes façon Guggenheim» (Jérôme Bidault et Guillaume Tesnière), des « opéra » (Benoit Leguein)...

Je m´arrête, parce qu´il y en a trop pour un message rapide. Simplement vous dire qu´il y avait des individuels, et aussi des équipes venues de Lycées hôteliers, comme le Lycée Décrétot de Louviers, si productif qu´il n´a été possible de présenter qu´une infime partie de leurs travaux, le lycée hôtelier de Marseille ou la licence pro assemblage et innovation culinaire d´Hérouville, des professionnels (cookinglab, prodegustation) ou des amateurs...

N´hésitez pas à aller admirer quelques uns des résultats sur le site sciencesetgastronomie.com."

C'est évidemment mon conseil, je ne suis qu'une béotienne mais il y a de vrais artistes et des choses de toute beauté à voir ! Alors allez-y faire un tour (clic) !

Dernière minute ! Gwen (Sensation cuisine), une des blogueuses spécialistes en matière de cuisine moléculaire, est l'une des lauréates du concours. Bravo à elle !

Par Tiuscha
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