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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 09:28

Second volet de ce repas indien végétarien, un curry aloo-palak, aux pommes de terre et épinards a été servi ainsi qu'un raita de céleri à la coriandre. Dans la logique, le raita à base de yaourt est là pour calmer  le feu du piment mais le curry était très doux puisque de jeunes palais allaient aussi déguster...
Pour en savoir plus sur le thali indien ét découvrir le sambar qui le composait également, cliquez ici. Et pour d'autres plats indiens végétariens, c'est par là ou là, pour un dessert fruité !
Curry aloo-palak
Ingrédients
- 500 grammes dépinards environ
- 3 belles pommes de terre
- 2 ou 3 cuillères à soupe de coulis de tomate
- 0,5 cm de gingembre râpé (mettez en plus si vous aimez la saveur et la note piquante)
- 1 petit oignon
- 1 gousse d'ail
- ghee ou huile
- sel
pour le curry, mélange d'épices (ici léger, mettez plus de garam masala si vous souhaitez un curry plus puissants ainsi que du piment)
- 1 cuillère à café de graines de cumin
- 1/2 cuillère à café de garam masala
- 1/2 cuillère à café de curcuma
- 1 cuillère à café de graines de moutardecurryaloopalak.jpgPréparation
Dans le ghee ou l'huile, faire griller les épices jusqu'à ce que les graines de moutarde fassent des petits "pops". Piler les épices. Faire revenir oignon et ail, ajouter les épices pilées, les épinards (hachés si les feuilles sont trop grosses), les pommes de terre coupées en dés, ajouter le gingembre, le coulis de tomate et saler. Couvrir et laisser cuire en ajoutant un peu d'eau si besoin. Servir chaud avec un riz basmati.
Raita de céleri à la coriandre
Ingrédients
- 2 branches de céleri
- 150 grammes de yaourt
- 2 cuillères à soupe de feuilles de coriandre ciselée
- 1/2 cuillère à café de graines de moutarde
- 1/2 cuillère à café de graines de cumin
- ghee ou huile (facultatif)
- sel, poivre
Préparation
Torréfier les épices à sec ou les grilles dans le ghee ou l'huile. Piler. Mélanger avec le yaourt et le céleri-branche coupés fin. Réserver au frais. Servir avec un curry.raitacelericoriandre.jpg

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 17:00

Dans la cuisine indienne, le thali est un assortiment de plusieurs mets différents servis dans des coupelles ou bols nommés katoris sur un plateau, accompagnés de pain, riz, crêpes etc selon l'heure de la journée et la région. Chacun se sert et mange avec une cuillère (pour les éléments plus liquides comme le sambar par exemple, surtout pour les tourisyes) ou les doigts de la main droite (pour les Indiens, la gauche est supposée être impure).
Ce thali est végétarien, il se compose d'un moong dal sambar, sorte de soupe à base de soja jaune et légumes dans un bouillon de tamarin, sucré-salé, un curry aloo palak (pommes de terre et épinards), un raita de céleri et coriandre et un riz basmati. thali_sambar_curry_idlis_dosas.jpgGénéralement, on accompagne le sambar de chutney de coco et d'idlis (sorte de pain vapeur à base de riz et lentille blanche fermentés) ou de dosas (prononcez dosaï, crêpes à base des mêmes ingrédients). J'ai tenté les deux mais absolument pas authentiques, que les vrais indiens passant ici ne m'en tiennent pas grieffe. J'avais vu une recette de dosa à base de yaourt, farine de riz et de farine de lentilles, je m'y suis essayée, fiasco total. En désespoir de cause, j'ai ajouté un oeuf pour cuire les crêpes, finalement assez bonnes avec un peu de cumin et d'afoetida dans la pâte... Les idlis sont aussi préparés à base de farines et sont mieux réussis, puisque cuits à la vapeur. Mais ils étaient certainement plus denses que de vrais idlis. On les sert dans le sambal, comme notre potage, dans lequel on trempe le pain.
A retenter pour les dosas et idlis en suivant une vraie recette, beaucoup plus longue que mes essais "espress" ! mais voici déjà la recette du sambar, inspirée de plusieurs sont et allégé en piment !
NB le sambar et le dhal se font souvent à base de lentilles mais aussi au soja jaune, moong dal. C'ets suite à une conversation virtuelle avec Pascale et Apolina que je me suis lancée avec cette graine longue à cuire. Le plein de protéines ! Pascale et Eve précisent en commentaire qu'on trouve le soja jaune dépelliculé en magasin bio.
Ingrédients
- 250 grammes de soja jaune
- 4 carottes
- 1 poireau
- 1 gros oignon
- 1 cuillère à soupe de panch phoron
- 1 cuillère à café de graines de cumin
- 1 cuillère à café de curcuma
- 1 cuillère à café de graines de moutarde
- 2 ou 3 pincées d'asafoetida
- 2 cuillères à soupe de sucre complet
- 1 belle noix de pâte de tamarin
- 3 cuillères à soupe de coulis de tomate
- ghee ou huile
- sel, poivre
Préparation
Faire tremper le soja jaune une nuit puis le cuire à feu moyen, jusqu'à ce que les grains soient bien cuits, tendres, et saler en fin de cuisson. Dépelliculer les grains de soja au maximum (les peaux s'enlèvent durant la cuisson).
Réhydrater la pâte de tamarin dans 150 ml d'eau, passer et bien presser pour récupérer la pulpe.
Dans une cocotte, faire revenir le pach photon, le cumin, les graines de moutarde dans le ghee ou l'huile. Les piler et ajouter l'oignon émincé, puis les carottes en rondelles, le poireau émincé. Ajouter le soja jaune, le coulis de tomate, le sucre, la pulpe de tamarin, mouiller à hauteur et saler. Laisser mijoter à couverte puis mixer grossièrement pour garder de la mâche au soja et aux légumes.
Servir bien chaud avec idlis ou dosas.
NB les idlis sur la photo car ils sont réalisés à base de farine de lentille jaune, qui tire sur une couleur marron. Normalement les idlis sont bien blancs...sambar.jpg

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 07:51

asafoetida.jpgAsafoetida ou ase fétide (hing en hindi) est une épice indienne extraite d'une variété de fenouil ; on en tire une résine que l'on fait sécher et qui est réduite en poudre, qui, comme son nom l'indique, ne sent pas très bon ! Elle chatouille les narines d'effluves puissamment aillées, soufrées (avec des notes d'oeuf pourri mais pour tout vous avouer, j'aime le parfum qui reste en cuisine dans son sillage après l'avoir utilisée...), qui disparaissent à la cuisson, notamment en friture. On la distille en petite quantité dans la cuisine ; elle donne une saveur délicieuse et de la profondeur aux plats, notamment aux curries, dhals, sambars... Elle remplace l'ail dans la cuisine indienne pour les brahmanes qui considèrent l'ail, l'oignon, l'échalote, les champignon impurs et qui ne doivent pas être mangés par les Dvidjas (ainsi que de nombreux ingrédients qui poussent sous terre).
En médecine traditionnelle (et sous forme d'homéopathie), elle favorise la digestion, stimule le système nerveux et calme l'anxiété. La plante est encore utilisée contre les mauvais esprits, un peu comme notre ail contre les vampires !

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 17:39

Pour sourire, une chanson réjouissante, vieille chanson chantée par la Bolduc, chansonnière québécoise des années 1930, que je dédie à Anick, grande cuisinière spécialiste des légumes et québécoise d'origine.



Et voici les paroles :)

Il avait un commerçant
Je vous dis qu'yé achalant
Quand y sagissait dchanter
Y se faisait pas prier
À 5 heures du matin
Y chantait ses gais refrains
Des carottes pi des naveaux
Ah! Venez voir comme y sont beaux

Ah!--On en a des légumes
Des carottes pi des naveaux
Ah! Des betteraves pi des poireaux
Ah!--Oohh! Oui on en a des beaux choux
Des petates pis des tomates
On en a des rouges, des vertes

Quand l'printemps est arrivé
Il commença à chanter
Venez voir mes échalotes
seulement qu'à dix sous la botte
Des radis pi d'la salade
Des patates pi d'la rhubarbe
J'ai du vrai sirop d'érable
Faite avec d'la cassonade

Ah!--On en a des légumes
Des carottes pi des naveaux
Ah! Des betteraves pi des poireaux
Ah!--Oohh! Oui on en a des beaux choux
Des petates pi des tomates
On en a des rouges, des vertes

On l'entend dans les ruelles
La bouche pendue aux oreilles
Le visage tout en grimace
J'vous dit qu'y donne po sa place
Oh! On en a des beaux cocombres
Oh! On en a pour tout le monde
Yen a pas dans le quartier
Qu'ya des beaux cocombres comme moé

Ah!--On en a des légumes
Des carottes pi des naveaux
Ah! Des betteraves pi des poireaux
Ah!--Oohh! Oui on en a des beaux choux
Des petates pi des tomates
On en a des rouges, des vertes

Quand rvient le temps des bleuets
Y faut le watcher des près
Des belles prunes et pi des fraises
Des groseilles pi des framboèses
Sont toujours en men allant
J'ai ti po vu l'commerçant
Ses casseots étaient po plein
il en f'sait 2 dans 1

Ah!--On en a des légumes
Des carottes pi des naveaux
Ah! Des betteraves pi des poireaux
Ah!--Oohh! Oui on en a des beaux choux
Des petates pi des tomates
On en a des rouges, des vertes

Quand lautomne est arrivé
Y viens tout découragé
Y va vendre sa Wagon
Pour un ptit flacon de gin
Y s'en va toute de travers
En s'faisant aller les machoères
Je vous dis quel débarras
Y chante pu depuis ce temps là

Ah!--On en a des légumes
Des carottes pi des naveaux
Ah! Des betteraves pi des poireaux
Ah!--Oohh! Oui on en a des beaux choux
Des petates pi des tomates
On en a des rouges, des vertes!

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 06:58

Une partie des demoiselles a repris le chemin de l'école, alors pour leur premier jour de reprise, je leur ai fait plaisir avec des red velvet pancakes (sur la base de ces pancakes au lait fermenté) accompagnés (ou pas) d'un "french" frosting cream-cheese à base de fromage frais, sucre glace, crème liquide et vanille, avec quelques pralines roses pour le côté girly. Les filles étaient ravies pour les pancakes, mais comme je le subodorais, ont mis dessus du sirop d'érable ou de la sauce caramel au beurre salé. Je ne sais pas les vôtres mais le frosting au cream cheese n'a de succès ni auprès de mes filles, ni de leurs amis, ni des jeunes élèves à qui j'ai pu le proposer sur des cupcakes par exemple. Trop salé pour une sauce sucrée de leur point de vue sans doute. Pour les amateurs, je vous propose quand même ledit frosting...redvelvetpancakes.jpgIngrédients
- 125 grammes de farine

- 1/2 cuillère à café de levure chimique

- 1/4 de cuillère
à café de bicarbonate de soude
- 30 grammes de sucre

- 240 ml de lait fermenté (lait bouilli+ jus de citron à défaut)

- 1 oeuf

- 1 pincée de sel

- 1 cuillère à soupe d'huile végétale

- 1 cuillère à soupe de cacao
- 1/3 à café de colorant rouge (ici 3 cuillères à café de sirop de betterave + quelques gouettes de colorant pour renforcer la teinte rouge)
pour le "frosting"
- 1 cuillère à soupe de cream cheese
- 2 cuillères à soupe de sucre glace
- 3 cuillères à soupe de crème liquide
- 1 cuillère à café de jus de citron
- quelques gouttes d'extrait de vanille
Préparation
Dans un grand bol, mélanger la farine, le sucre, la levure, le cacao, le bicarbonate et le sel. Creuser un puits et réserver. Dans un deuxième bol, mélanger le lait fermenté, l'oeuf et l'huile, puis verser le mélange dans le puits précédemment creusé. Incorporer délicatement le liquide à l'aide d'un fouet ou d'une spatule, en prenant soin de ne pas trop travailler la pâte (comme pour les muffins).

Dans une grande poêle anti-adhésive, faire fondre une noix de beurre à feu moyen. Quand la poêle est bien chaude, y verser des petites louchées de pâte, espacées chacune de 1 a 2 cm. Au bout d'une à deux minutes, de petites bulles éclatent à la surface des pancakes : c'est le moment de les retourner. Faire cuire l'autre côté une minute supplémentaire.

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 08:56

Originaire de Touraine, plus précisément de Betz-Le-Château, le Pavé de Betz est un fromage de chèvre frais à base de lait cru, une pâte molle à croûte fleurie légèrement cendrée, de forme carrée. Mais on trouve à la fromagerie Freval aussi le rond ou le long de Betz, ainsi que la couronne lochoise (en forme de couronne...) que nous avions déjà eu le plaisir de tester via Rodolphe Le Meunier. Un certain cousinage avec le Sainte-Maure de Touraine voisin...
Sa pâte fondante et blanche sous la poudre grise offre une subtile acidité typique des chèvres de Loire, avec une grande fraîcheur en bouche et une finale douce...
A déguster avec un chenin de Touraine bien sûr ! NB pour des accords entre vins et chèvres, cliquez ici...

paveBetz_chevrefrais.jpg

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 16:09

Dernières truffes ? J'ai cru que la saison s'arrêterait plus tôt, mais elle s'étire pour notre plus grand bonheur ! Ce fut la surprise du week-end, et il est possible que l'on en trouve encore la semaine prochaine. Elle est petite mais quelle maturité ! Comme l'an passé, les dernières sont les meilleures. Bien noire avec peu de nervures, la truffe exhale des parfums puissants, presque pétroleux. Régalade assurée au menu.
La stocker au préalable avec des oeufs les plus frais possibles (les meins avaient été pondus il y 3 jours, achetés hier, de beaux oeufs de ferme, et surtout bien la nettoyer.
Généralement, je mélange oeufs entiers et beurre pour réaliser mes brouillades mais aujourd'hui, je suis partie de la méthode de Ben, qui est d'ajouter aux oeufs entiers un ou deux jaunes pour éviter la saveur de blancs coagulés (à dire vrai, vu la force gustative de cette truffe, je pense que le blanc en trop n'aurait pas eu trop d'impact sur la brouillade). J'ai donc enlevé un des blancs sur les 4 oeufs de ma brouillade, le remplaçant par de la crème fraîche liquide, j'ai aussi ajouté de l'huile d'olive à la truffe noire pour corser encore le goût. Et j'ai gardé, comme toujours, une texture ultra-crémeuse (je préfère).
A déguster avec un Châteauneuf-du-Pape blanc par exemple (typé Roussanne), sauf que le mien était bouchonné.
brouilladetruffe2013.jpgIngrédients (pour 2)
- 4 oeufs de ferme extra frais (3 oeufs entiers + 1 jaune)
- 2 cuillère à soupe d'huile de truffe
- environ 10/12 grammes de truffe noire
- 15 ml de crème fraîche ou un peu plus
- sel (éventuellement parfumé à la truffe), poivre
Préparation
Tailler 6/8 lamelles de truffe et émincer le reste.
Fouetter les oeufs et le jaune avec l'huile parfumée à la truffe, les miettes de truffe émincée et la crème, au bain-marie. Fouetter régulièrement jusqu'à ce que le les oeufs coagulent en restant bien crémeux, bien homogènes. A ce stade, vous pouvez les cuire plus longtemps que moi ou les laisser très crémeux, selon votre goût.
Couper le feu et réserver la brouillade à la truffe dans le bain-marie jusqu'au moment du service. Ajouter alors les lamelles de truffes (et des "mouillettes" croutillantes si vous souhaitez).oeufs_truffered.jpg

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 07:46

Alain Senderens a grandi à Hyères dans le Var puis il a fait ses "classes culinaires" à Lourdes avant d'entrer à la Tour d'Argent en 1963. Il gravit les échelons en passant de commis à chef rôtisseur. Entre le Lucas Carton, où il sera second de cuisine, et l'Archestrate*, son propre restaurant ouvert en 1968, se sont écoulées 4 ans de vie culinaire parisienne à plusieurs postes clés. En 10 ans, l'Archestrate acquiert une renommée mondiale et Alain Senderens présidera à sa destinée jusqu'en 1985, date à laquelle il revient au Lucas Carton en tant que chef de cuisine. Il y gagnera 3 étoiles au guide Michelin qu'il abandonnera volontairement en 2005, créant une nouvelle table "démocratisant" la gastronomie et libérée des carcans des guides. Il y confie les rênes à Jérôme Banctel et met en scène des produits de qualité moins "nobles", au sein d'une cuisine centrée sur le vin.
*Archestrate est l'auteur du premier livre de cuisine de la Grèce Antique. L'auteur donne ce nom à son restaurant un peu en hommage à la patrie d'origine de son épouse (prénommée Eventhia, très joli prenom d'origine grecque), un peu aussi en référence à la cuisine antique dont il s'inspirera avec son célèbre canard Apicius, créé dans les années 1970.alainsenderens.jpgAlain Senderens et le vin
Il y a une vingtaine d'années, le chemin du chef Alain Senderens croise, au Domaine la Tortinière, celui de Jacques Puisais, qui devient un peu son mentor "ès vin". L'homme est à la fois scientifique, philosophe du goût, chercheur, oenologue, membre de l'INAO et fondateur de l'Institut du Goût dont il est aujourd'hui encore Vice-Prédident, à 85 ans passés... Il est également le créateur des premières Classes du Goût mises en place en 1975 pour éduquer les jeunes palais (et depuis abandonnées, hélas). Investi dans cette recherche du goût et des alliances de saveurs, Jacques Puisais devient naturellement conseiller auprès de chefs de cuisine, restaurateurs, vignerons..
Entre les deux hommes, c'est une entente immédiate ; rapidement, auprès de Jacques Puisais, Alain Senderens comprend que sa cuisine gagnerait en profondeur si elle accompagnait véritablement les vins. Le chef va alors se former à Bordeaux, en Bourgogne. Il rencontre des vignerons avec lesquels il sympathise, comme les Perrin en Vallée du Rhône, des connaisseurs oenophiles, tel François Audouze... Dès lors, il n'aura de cesse d'élaborer des plats en partant du vin : ce sont davantage des accords vins-mets que des accords mets-vins, qui seront créées au Lucas Carton, puis au restaurant Senderens. Depuis vingt ans, Alain Senderens déguste un vin puis élabore une recette en accord. Avec le temps, certains accords ou mésalliances sont devenus des évidences.
Alain Senderens travaille comme un peintre en jouant avec les couleurs de sa palette : il a à sa disposition différentes zestes d'agrume, différents poivres, des épices et des herbes... Il compose alors sa recette comme un tableau, car ce sont les nuances de couleur qui font le tableau, et les couleurs complémentaires qui le structurent, non les couleurs primaires seules. Partant, au-delà de la viande ou du poisson, ce sont les acompagnements, les condiments et bien évidemment les légumes, qui vont jouer un rôle clé dans l'accord avec un vin. Certains vins ne supportent pas les épinards ; les asperges sont réputées des compagnes délicates etc... Sans oublier les éléments de texture (croquant, fondant, croustillant...), passerelles idéales qui conduisent l'accord.
Le chef ajuste également ses accords et les fait évoluer dans le temps. Car le vin est vivant, il se modifie continuellement et "travaille" particulièrement à certains moments de l'année, notamment aux équinoxes. Il faut donc redéguster et adapter l'accompagnement idéal, parfois à une épice près ou avec un assaisonnement franchement différent.

La cuisine d'Alain Senderens

D'une cuisine presque d'apparat au Lucas Carton, en tout cas luxueuse et répondant aux impératifs d'un 3 étoiles Michelin, Alain Senderens est passé, avec son chef exécutif Jérôme Banctel, à une cuisine gastronomique "décomplexée" à base de produits moins onéreux, "populaires", avec au final, une addition plus légère : cabillaud plutôt que turbot, huître plutôt que caviar...
NB à l'étage du Senderens se trouve le bar Le Passage qui propose un menu laissé à la discrétion du chef, en accord avec des vins proposés au verre (formule d'un rapport qualité-prix exceptionnel à Paris, testée ici).
La carte évolue selon les saisons, adaptant les produits du moment, justement condimentés pour accompagner les vins. Alain Senderens parle d'une "cuisine de courtoisie"*, au sens de l'amour courtois du Moyen-âge : dans cette relation idéale (idéalisée) entre cuisine et vin,
le chef qui élabore les accords vins-mets doit le faire avec humilité, honneur, patience et maîtrise, dans le respect du vin et des produits, ce qui n'empêche pas la volupté et le plaisir !
*Il utilise aussi la métaphore de la cravate : il y a ou non accord entre la cravate et la chemise (et des deux éléments, selon le rendez-vous prévu avec un homme d'affaire, la femme aimée etc..), comme il y a accord ou non entre le mets et le vin.
La cuisine, teintées d'influences exotiques, notamment japonaise, est technique, précise : équilibre des saveurs, excellence des cuissons...
(pour un aperçu de cette cuisine, je vous recommande le livre Alain Senderens et Jérôme Banctel dans votre cuisine chez Flammarion, dont est inspirée cette recette de tempura de foie gras). On y trouve toujours quelques plats "signature", tel le canard Apicius revisité (voir ci-dessous).
Avec parfois des produits d'exception... La truffe, noire ou blanche d'Alba. La truffe fait les délices d'Alain Senderens qui prend plaisir à "truffer" ou "rabasser" en bonne compagnie. Il aime déguster les deux lors d'un même repas, confronter leurs saveurs sensiblement différentes et se régaler, doublement. C'est un instant rare puisque la blanche d'Alba est plus précoce que la Mélano, si la seconde ne mûrit pas dans de bonnes conditions, ce repas "double truffe" est impossible. Pour la truffe blanche d'Alba, il confie préférer celle de tilleul, plus goûteuse, avec une glèbe (coeur) rosée voire violacée, signant une pleine maturité.

Alain Senderens est un homme doux, posé, humble, il est attentif voire attentionné, mais il transmet sa fougue, son enthousiasme sitôt que l'on parle cuisine et vin avec lui, la passion est intacte...


Portrait réalisé à partir de différents documents et sites, ainsi que d'un entretien a vec  Alain Senderens, lors du concours de cuisine organisé par les vins de Gigondas. Nous y étions voisins de table puisque tous deux jurés...
Alain Senderens est à la fois un inspirateur et un guide, il est à l'origine d'une passion née il y a une douzaine d'années : depuis la parution de son livre Le Vin et la Table en 1999, je m'essaie aux accords mets-vins en partant du vin et en élaborant un mets afin de mettre en valeur le vin, de le magnifier, en suivant l'exemple du chef. Avec Eric Sapet et, plus récemment, Laurent Deconinck, Alain Senderens est pour moi un modèle et je l'en remercie.



Ci-dessous, la recette modernisée du canard Apicius d'Alain Senderens présentée par Jérôme Banctel :

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 08:04

Recette express avec du foie gras pour une terrine goûteuse avec des saveurs fruitées, acidulées, ce vendredi sera "cuisine rapide et facile", il faudra juste laisser reposer le foie avant de déguster. On enlève juste la veine principale en séparant les lobes, ça vient tout seul. On poêle les tranches et on tasse dans une petite terrine en couvrant d'une gelée à base de Rasteau doré (VDN), de zeste d'orange et de cardamome. Très rapide et facile, vous dis-je ! Surtout, éviter les foies gras déveinés, à moins d'avoir un super producteur. C'est quand même moins beau qu'un foie de qualité extra, intact, surtout quand il suffit d'ôter la veine principale.
A déguster avec un Rasteau VDN doré aux notes d'orange confite, un Pacherenc ou un Gewürtztraminer par exemple.
D'autres mets très différents que j'ai réalisé tout dernièrement avec du foie gras : tempura de foie gras, émulsion passion-yuzu et foie gras en escabèche aux agrumes et légumes croquants.
foiegrasgeleeerasteauorangecardamome.jpgIngrédients
- 1/2 foie gras
- sel, poivre
pour la gelée
- 150 ml de Rasteau doré VDN (ou vin blanc moelleux ou Porto blanc)
- zeste d'une orange
- 2 pincées de cardamome
- 2 pincées d'agar-agar
Préparation
Faire chauffer le vin avec le zeste d'orange et faire réduire aux trois quarts. Ajouter cardamome et agar-agar, poursuivre la cuisson 2 minutes à feu moyen, laisser tiédir.
Enlever la veine principale et escaloper le foie ; poêler, saler, poivrer. Déposer dans la terrine en alternant avec la gelée de vin. Terminer par la gelée et laisser prendre. Réserver au moins 24 heures, idéalement 48 heures au frais.

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 07:47

Le bara brith est un pain* d'origine galloise à base de fruits secs, surtout raisins sec, auxquels on ajoute parfois des écorces confites, un genre de loaf un peu comme le barmbrack irlandais ; c'est parfait pour le tea-time !  Une des particularités du bara brith est que l'on doit faire tremper toute une nuit les raisins secs dans un thé fort et sucré. Il existe bien évidemment plusieurs recettes, celle-ci provient de The great british book of baking, j'ai juste panaché raisins, figues et pommes dans mon assortiment de fruits secs, le tout macéré dans un thé Earl Grey.
NB on trouve parfois le bara brith sous la dénomination  expressive de "speckled bread" (traduction anglaise du bara brith gallois !), qui signifie pain tacheté, moucheté, en raison de la présence des fruits secs.
..
* il peut y avoir de la poudre à lever ou de la levure de boulanger.
Hélène me signale qu'en plus, demain c'est la Saint-David, saint patron du pays de Galles !
welshbarabrith.jpgIngrédients
- 250 grammes de farine (ici T65)
- 1 cuillère à café de poudre à lever
- 1 pincée de sel
- 1 oeuf
- 250 grammes de fruits secs en mélange (ici 1/2 raisins secs, 1/4 figues sèches, 1/4 pommes séchées)
- 100 grammes de sucre rapadura ou muscovado
- 225 ml de thé fort (ici Earl Grey)
- 1/2 cuillère à café de cardamome
- 1/2 cuillère à café de muscade
Préparation
Faire macérer les fruits secs (pommes/figues coupées fin) dans un thé fort, sucré au sucre de canne complet, durant une nuit.
Mélanger la farine, le sel, la levure, les épices, l'oeuf battu et les fruits macérés. Bien mélanger et verser dans un moule à caké beurré et fariné.
Enfourner à 180°C environ 1 heure.
Déguster tiède ou entièrement refroidi, avec un bon thé !

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