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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 07:53

Jacques Hittorff est un célèbre architecte du XIXème siècle auquel on doit la Gare du Nord, le Cirque d'hiver, la mairie du premier arrondissement de Paris ou l'église St Vincent de Paul.
Dans ses carnets de croquis, parmi des projets d'ambiance, détails ornementaux ou idées diverses, figurent des coupes transversales gourmandes, fraisier à la tranche ou comment effeuiller une chocolatine...

Chocolatine ou fraisier ? par Jaques Hittorff
Chocolatine ou fraisier ? par Jaques Hittorff

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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 07:54

Départ ce jour pour Reims. Demain, la finale du concours Champagne en cuisine organisé par les Champagnes de vignerons. Pour l'occasion, je vous offre un poème de ma plume gourmande...
 

Mystères en bouteille
Plaisirs se devinent
Quand vient à l'oreille
Promesse divine
Murmure en sommeil

Bulles cristalines
Mille gouttelettes
Explosent, si fines
Remontent en paillettes
D'or pur qui fascinent

Elles flûtent et scintillent
Dans une douce ivresse
Mousse qui pétille
Sur la langue caresse

Dentelle et mantille

 

Lueur opaline
Souffle d'une penne
Et bouche saline
Boisson souveraine
Champagne en cuisine !

Champagne !

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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 08:16

Les laquais apportèrent un immense chou-fleur arrosé de beurre frais et magnifiquement vermeil, mais on pouvait supposer, hélas ! d’après les expériences précédentes, que ces vives couleurs indiquaient la phtisie et non la bonne santé. 
Voilà ce qu’était la conversation chez la comtesse, voilà ce qu’était chez elle un banquet, même en des circonstances culinaires défavorables. Je me flatte que ma pensée selon laquelle l’Amour est le plus beau ne saurait se ranger dans la catégorie des pensées banales ; je considère même qu’elle pourrait constituer le couronnement de maint poème philosophique. Mais aussitôt un second convive, renchérissant, lance cet aphorisme que la Pitié est encore plus belle que l’Amour. Magnifique ! Et, de fait, si l’on réfléchit bien, la Pitié a une plus grande ampleur, elle couvre plus de choses de son manteau que la sublime Charité. Ce n’est pas tout : la comtesse, notre sage amphitryonne, craignant de nous voir nous dissoudre tout entiers dans l’Amour et la Pitié, rappelle les nobles devoirs que nous avons envers nous-mêmes, et c’est alors que moi, utilisant avec subtilité la rime en -lan, je me borne à ajouter : « L’Aigle blanc ». Et la forme, la manière, la façon de s’exprimer, dans la noble et élégante tempérance de ce banquet, sont vraiment dignes du fond. « Non, pensai-je ravi, celui qui n’a pas été aux vendredis de la comtesse, celui-là, en réalité, ne connaît pas l’aristocratie ! » 
― Excellent chou-fleur ! murmura soudain le baron gastronome et poète, dont la voix trahit une agréable surprise. 
― En effet, approuva la comtesse en regardant son assiette d’un air soupçonneux. 
Pour moi, je n’avais rien remarqué de spécial dans le goût de ce chou-fleur, qui m’avait semblé aussi fade que les plats précédents. 
― Est-ce que Philippe aurait... ? demanda la comtesse, dont les yeux lancèrent des éclairs. 
― Il faudrait vérifier ! dit la marquise avec méfiance. 
― Qu’on fasse venir Philippe ! ordonna la comtesse.

 

Witold Gombrowicz (Le festin chez la comtesse Fritouille, extrait)

Nature morteau chou fleur - Tamara Lempicka

Nature morteau chou fleur - Tamara Lempicka

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 07:05

Noir ébène ou lait onctueux
Quand sa douceur devient fondante
Et s'offre à ma bouche impatiente
Dans un baiser voluptueux

Je déguste les yeux mi-clos
Et c'est une douce caresse 
Sur ma langue une chaude ivresse
Un plaisir lentement éclos

La gourmandise bien léchée
M'envahissant de ses fragrances
Et c'est une telle jouissance
Que j'en reprends une bouchée !

 

Poème écrit en hommage au chocolat. Le 28 octobre, je suis à Paris sur le Salon du Chocolat. Je vous raconterai...

Le chocolat (poème)

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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 08:27

"Elle s'imagina cuisiner dans leur petit four et aligner ses réalisations sur le rebord de la fenêtre. Elle fit savoir que, cuisinière, elle livrait les plats à domicile, et le bouche-à-oreille se répandit qu'elles les réussissait très bien. Elle cessa de nettoyer le linge et, un jour où Alfred se sentait assez bien pour lui tenir compagnie devant ses fourneaux et avait assez d'entrain pour lui parler, il arriva par-derrière et lui murmura que rien au monde n'arrivait à la cheville de leur petit logement, quand elle faisait fondre un morceau de beurre dans la poêle ou y jetait une poignée d'oignons émincés et des carottes en dés."

La cuisinière de Mary Beth Keane (extrait)

La cuisiniere au tablier rouge de Léon Bonvin

La cuisiniere au tablier rouge de Léon Bonvin

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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 07:07

À cette heure où je descendais apprendre le menu, le dîner était déjà commencé, et Françoise,
commandant aux forces de la nature devenues ses aides, comme dans les féeries où les géants se font engager comme cuisiniers, frappait la houille, donnait à la vapeur des pommes de terre à étuver et faisait finir à point par le feu les chefs-d'oeuvre culinaires d'abord préparés dans des récipients de céramistes qui allaient des grandes cuves, marmites, chaudrons et poissonnières, aux terrines pour le gibier, moules à pâtisserie, et petits pots de crème en passant par une collection complète de casserole de toutes dimensions.


Marcel Proust (Du côté de chez Swan, extrait)

La cuisinière, Félix Vallotton

La cuisinière, Félix Vallotton

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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 16:36

Si vous voulez savoir comment
Nous nous aimâmes pour des prunes,
Je vous le dirai doucement,
Si vous voulez savoir comment.
L’amour vient toujours en dormant,
Chez les bruns comme chez les brunes ;
En quelques mots voici comment
Nous nous aimâmes pour des prunes.

Mon oncle avait un grand verger
Et moi j’avais une cousine ;
Nous nous aimions sans y songer,
Mon oncle avait un grand verger.
Les oiseaux venaient y manger,
Le printemps faisait leur cuisine ;
Mon oncle avait un grand verger
Et moi j’avais une cousine.

Un matin nous nous promenions
Dans le verger, avec Mariette :
Tout gentils, tout frais, tout mignons,
Un matin nous nous promenions.
Les cigales et les grillons
Nous fredonnaient une ariette :
Un matin nous nous promenions
Dans le verger avec Mariette.

De tous côtés, d’ici, de là,
Les oiseaux chantaient dans les branches,
En si bémol, en ut, en la,
De tous côtés, d’ici, de là.
Les prés en habit de gala
Étaient pleins de fleurettes blanches.
De tous côtés, d’ici, de là,
Les oiseaux chantaient dans les branches.

Fraîche sous son petit bonnet,
Belle à ravir, et point coquette,
Ma cousine se démenait,
Fraîche sous son petit bonnet.
Elle sautait, allait, venait,
Comme un volant sur la raquette :
Fraîche sous son petit bonnet,
Belle â ravir et point coquette.

Arrivée au fond du verger,
Ma cousine lorgne les prunes ;
Et la gourmande en veut manger,
Arrivée au fond du verger.
L’arbre est bas ; sans se déranger
Elle en fait tomber quelques-unes :
Arrivée au fond du verger,
Ma cousine lorgne les prunes.

Elle en prend une, elle la mord,
Et, me l’offrant : « Tiens !… » me dit-elle.
Mon pauvre cœur battait bien fort !
Elle en prend une, elle la mord.
Ses petites dents sur le bord
Avaient fait des points de dentelle…
Elle en prend une, elle la mord,
Et, me l’offrant : « Tiens !… » me dit-elle.

Ce fut tout, mais ce fut assez ;
Ce seul fruit disait bien des choses
(Si j’avais su ce que je sais !…)
Ce fut tout, mais ce fut assez.
Je mordis, comme vous pensez,
Sur la trace des lèvres roses :
Ce fut tout, mais ce fut assez ;
Ce seul fruit disait bien des choses.

À MES LECTRICES.

Oui, mesdames, voilà comment
Nous nous aimâmes pour des prunes :
N’allez pas l’entendre autrement ;
Oui, mesdames, voilà comment.
Si parmi vous, pourtant, d’aucunes
Le comprenaient différemment,
Ma foi, tant pis ! voilà comment
Nous nous aimâmes pour des prunes.

Alphonse Daudet

prunedamas_pierreantoinepoiteau.jpg

 

 
Illustration : La prune de Damas - Pierre Antoine Poiteau

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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 06:46

La fille du geôlier revint quelques heures plus tard avec un plateau chargé d'une tasse de thé bien chaud et agréablement parfumé, et d'une pleine assiette de tartines épaisses et bien grillées des deux côtés, beurrées de telle sorte que le beurre coulait en grosses gouttes dorées par les trous du pain comme le miel d'un rayon. L'odeur de ces toasts dorés évoquait avec éloquence bien des choses à Mr Crapaud ; elles lui évoquaient les cuisines bien chauffées, les petits déjeuners pris lors de clairs matins froids, les soirées au coin du feu, quand on se repose d'une longue marche, les pieds au chaud dans ds pantoufles posés sur des chenets ; elle lui évoquait aussi le ronronnement des chats repus et le gazouillement des canaris avant qu'ils s'endorment.

Kenneth Grahame (Le vent dans les saules)

Toast by Kenneth Grahame

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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 07:07

Où sont la mûre et la prunelle
Lime varech âpres délices
Et l’enfance qui sait errer
Sur des épines plus petites
Que le bois ramassé pour rien
Où sont les noix
Dont on ne casse pas la coque
Où est la bête au manteau froid
La lie la mort des fruits
Qui fertilisera les nèfles

Un vent très doux
S’affale sur les fleurs trop mûres

Azure le sein du cassis
S’enivre de l’odeur des coings

Est-ce la transparente mue
Qui déçoit les voleurs dans l’arbre
Va-t-on donner son sang pour rire

Le rêve manger l’immangeable
Sortir fier d’un palais penaud.

Paul Eluard (in Les Mains Libres, illustré par Man Ray)

Fruits, Man Ray

Fruits, Man Ray

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 06:34

(...) "Pour les glaces (car j'espère bien que vous ne m'en commanderez que prises dans ces moules démodés qui ont toutes les formes d'architecture possible), toutes les fois que j'en prends, temples, églises, obélisques, rochers, c'est comme une géographie pittoresque que je regarde d'abord et dont je convertis ensuite les monuments de framboise ou de vanille en fraîcheur dans mon gosier." Je trouvais que c'était un peu trop bien dit, mais elle sentit que je trouvais que c'était bien dit et elle continua, en s'arrêtant un instant, quand sa comparaison était réussie, pour rire de son beau rire qui m'était si cruel parce qu'il était si voluptueux : "Mon Dieu, à l'hôtel Ritz je crains bien que vous ne trouviez des colonnes Vendôme de glace, de glace au chocolat ou à la framboise, et alors il en faut plusieurs pour que cela ait l'air de colonnes votives ou de pylônes élevés dans une allée à la gloire de la Fraîcheur. Ils font aussi des obélisques de framboise qui se dresseront de place en place dans le désert brûlant de ma soif et dont je ferai fondre le granit rose au fond de ma gorge qu'elles désaltéreront mieux que des oasis (et ici le rire profond éclata, soit de satisfaction de si bien parler, soit par moquerie d'elle-même de s'exprimer par images si suivies, soit, hélas ! par volupté physique de sentir en elle quelque chose de si bon, de si frais, qui lui causait l'équivalent d'une jouissance). Ces pics de glace du Ritz ont quelquefois l'air du mont Rose, et même, si la glace est au citron, je ne déteste pas qu'elle n'ait pas de forme monumentale, qu'elle soit irrégulière, abrupte, comme une montagne d'Elstir. Il ne faut pas qu'elle soit trop blanche alors, mais un peu jaunâtre, avec cet air de neige sale et blafarde qu'ont les montagnes d'Elstir. La glace a beau ne pas être grande, qu'une demi-glace si vous voulez, ces glaces au citron-là sont tout de même des montagnes réduites à une échelle toute petite, mais l'imagination rétablit les proportions, comme pour ces petits arbres japonais nains qu'on sent très bien être tout de même des cèdres, des chênes, des mancenilliers ; si bien qu'en en plaçant quelques-uns le long d'une petite rigole, dans ma chambre, j'aurais une immense forêt descendant vers un fleuve et où les petits enfants se perdraient. De même, au pied de ma demi-glace jaunâtre au citron, je vois très bien des postillons, des voyageurs, des chaises de poste sur lesquels ma langue se charge de faire rouler de glaciales avalanches qui les engloutiront (la volupté cruelle avec laquelle elle dit cela excita ma jalousie) ; de même, ajouta-t-elle, que je me charge avec mes lèvres de détruire, pilier par pilier, ces églises vénitiennes d'un porphyre qui est de la fraise et de faire tomber sur les fidèles ce que j'aurai épargné. Oui, tous ces monuments passeront de leur place de pierre dans ma poitrine où leur fraîcheur fondante palpite déjà. 

 

Marcel Proust (A la recherche du temps perdu, extrait)

Les mangeurs de glace, Julien Boilly

Les mangeurs de glace, Julien Boilly

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