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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 06:50

La première des deux demeures, en venant de la station d'eaux de Rolleport, était occupée par les Tuvache, qui avaient trois filles et un garçon ; l'autre masure abritait les Vallin, qui avaient une fille et trois garçons.
Tout cela vivait péniblement de soupe, de pomme de terre et de grand air. A sept heures, le matin, puis à midi, puis à six heures, le soir, les ménagères réunissaient leurs mioches pour donner la pâtée, comme des gardeurs d'oies assemblent leurs bêtes. Les enfants étaient assis, par rang d'âge, devant la table en bois, vernie par cinquante ans d'usage. Le dernier moutard avait à peine la bouche au niveau de la planche. On posait devant eux l'assiette creuse pleine de pain molli dans l'eau où avaient cuit les pommes de terre, un demi-chou et trois oignons ; et toute la lignée mangeait jusqu'à plus faim. La mère empâtait elle-même le petit. Un peu de viande au pot-au-feu, le dimanche, était une fête pour tous, et le père, ce jour-là, s'attardait au repas en répétant : "Je m'y ferais bien tous les jours".
Aux champs - Guy de Maupassant

lepain.jpg

 

"Le Pain" - Albert Bartholomé

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 06:48

Il fit signe au garçon
- Mon ami, quel est donc ce plat que vous venez de servir à la table voisine ?
Il désignait le couvert des Russes.
- C’est un faisan, Monsieur, mais préparé de façon spéciale. Une création du maître cuisinier.
Florent, sans se gêner, observait le gibier qu’un des officiers découpait. C’était appétissant et c’était riche, propre à signaler la table d’un homme qui possède des moyens.
Le maître d’hôtel de la maison s’était approché ; il fournissait des détails.
- Monsieur, c’est en réalité le faisan étoffé tel qu’on le mange chez monsieur le conseiller Brillat-Savarin*. Faisan farci de chairs de bécasses, de moelle de bœuf et de truffes. La nouveauté est dans l’épaisse rôtie que Monsieur peut voir sous l’oiseau. Elle supporte une purée composée des foies et des entrailles des bécasses, avec une râpure de lard frais, des truffes crues et les filets d’un anchois. La garniture se complète de tranches d’oranges amères.
- L’ensemble m’a l’air savant – dit Florent – Et vous appelez cela… ?
- Le faisan à la Sainte-Alliance, Monsieur. Le plat remporte le plus grand succès auprès de ces messieurs les officiers étrangers.
- Avec le nom que vous lui avez choisi, je n’en suis pas surpris !
Florent jeta à sa compagne un coup d’œil d’ironie. Le maître d’hôtel, d’un sourire déférent, semblait invoquer les obligations du jour. Depuis la fin septembre, l’expression « Sainte-Alliance » était sur toutes les bouches. Qu’elle s’égarât jusque dans une rôtissoire et la carte d’un restaurateur, cela représentait moins une consécration qu’une flagornerie, et moins une flagornerie qu’une nécessité : un Parisien n’allait pas s’y tromper.
- Et, - demanda le jeune homme – est-ce long à préparer ?
- Le faisan doit attendre farci pendant vingt-quatre heures, Monsieur : c’est dire qu’il y en a toujours d’avance. Et j’en ai trois à la broche en ce moment. Le temps de parfaire la cuisson, d’apprêter et de dresser, Monsieur peut être servi dans le quart d’heure.
- Et bien mon ami, je ne vois pas pourquoi nous ne mangerions pas un faisan à la Sainte-Alliance. Puisque vous n’en réservez pas le monopole à nos vainqueurs ! Notez-en la commande, je vous prie.
*La façon "à la Sainte Alliance" est citée dans la Physiologie du Goût.naturemortefaisans_monet.jpg

Nature morte aux faisans de Claude Monet

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 11:59

Changement de "box", changement de flux ? Il aura fallu un peu d'adaptation... Voici donc un petit intermède boucher, en images et en musique, avant quelque chose de plus "solide" à vous mettre sous la dent !boucher_moyenage.jpg

 

boucherie_carracci.jpg

 

boucheriechevaline.jpg

 

boucher_jeanyanne.jpg

 

Clin d'oeil à mon boucher, François Murat...

 

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 15:59

Sourire du jour avec cette vidéo de Corentin Charron aka Onectin, réalisé en conclusion de sa 3° année d'étude à Supinfocom Arles ; le thème était la cuisine et l'espace. des vins et de la blanquette en orbite, ça vous dit ? Bon appétit !

 

 

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 13:52

saveurs_palais.jpgCuisine et pouvoir, tradition et gourmandise dans les coulisses de l'Elysée, telle est la toile de fonds du film de Christian Vincent* Le Saveurs du Palais, en sortie dans les salles le 19 septembre, en partenariat avec la Fête de la Gastronomie.
Cuisinière dans le Périgord, Hortense Laborie (jouée par Catherine Frot) rejoint les cuisines du Président de la République (interprété par Jean d'Ormesson qui démarre une carrière d'acteur à 87 ans !). Femme de caractère, elle s'imposera malgré la pesanteur du protocole et les jalousies des chefs de la cuisine centrale. Car dans les coulisses du pouvoir, les obstacles sont nombreux... Côté cuisine, c'est la grande cuisine classique et bourgeoise, qui est mise en valeur dans Les Saveurs du Palais...

Le film est inspiré d'une histoire vraie : celle de Danièle Mazet-Delpeuch, qui fut la cuisinière personnelle de François Mitterrand à l'Elysée de 1988 à 1990.

Souhaiteriez-vous gagner des places de cinéma et des tabliers de cuisine Les Saveurs du Palais ? Dites-moi en commentaire quelle recette ancienne (Dumas, Escoffier, ou plus ancien...) vous aimeriez voir remise au goût du jour. Je tirerai au sort parmi vos réponses les plus pertinentes. Il y a 5 places pour deux personnes à gagner et 5 tabliers de cuisine. Vous pouvez jouer jusqu'au 30 septembre inclus !

Ci-dessous la bande-annonce du film qui a aussi une page facebook...

*L'excellent réalisateur de La Discrète avec Fabrice Lucchini.

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 06:55

"On naît gourmet. Le vrai gourmet est celui qui se délecte d'une tartine de beurre comme d'un homard grillé, si le beurre est fin et le pain bien pétri."
Colette

AntoineVollon_mottebeurre.jpg

La motte de beurre - Antoine Vollon

 

Au cabaret vert - Arthur Rimbaud
Depuis huit jours, j'avais déchiré mes bottines
Aux cailloux des chemins. J'entrais à Charleroi.
- Au Cabaret-Vert : je demandai des tartines
Du beurre et du jambon qui fût à moitié froid.

Bienheureux, j'allongeai les jambes sous la table
Verte : je contemplai les sujets très naïfs
De la tapisserie. - Et ce fut adorable,
Quand la fille aux tétons énormes, aux yeux vifs,

- Celle-là, ce n'est pas un baiser qui l'épeure ! -
Rieuse, m'apporta des tartines de beurre,
Du jambon tiède, dans un plat colorié,

Du jambon rose et blanc parfumé d'une gousse
D'ail, - et m'emplit la chope immense, avec sa mousse
Que dorait un rayon de soleil arriéré.

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 07:12

Si vous voulez savoir comment
Nous nous aimâmes pour des prunes,
Je vous le dirai doucement,
Si vous voulez savoir comment.
L’amour vient toujours en dormant,
Chez les bruns comme chez les brunes ;
En quelques mots voici comment
Nous nous aimâmes pour des prunes.

Mon oncle avait un grand verger

Et moi j’avais une cousine ;
Nous nous aimions sans y songer,
Mon oncle avait un grand verger.
Les oiseaux venaient y manger,
Le printemps faisait leur cuisine ;
Mon oncle avait un grand verger
Et moi j’avais une cousine.

Un matin nous nous promenions

Dans le verger, avec Mariette :
Tout gentils, tout frais, tout mignons,
Un matin nous nous promenions.
Les cigales et les grillons
Nous fredonnaient une ariette :
Un matin nous nous promenions
Dans le verger avec Mariette.

De tous côtés, d’ici, de là,

Les oiseaux chantaient dans les branches,
En si bémol, en ut, en la,
De tous côtés, d’ici, de là.
Les prés en habit de gala
Étaient pleins de fleurettes blanches.
De tous côtés, d’ici, de là,
Les oiseaux chantaient dans les branches.

Fraîche sous son petit bonnet,

Belle à ravir, et point coquette,
Ma cousine se démenait,
Fraîche sous son petit bonnet.
Elle sautait, allait, venait,
Comme un volant sur la raquette :
Fraîche sous son petit bonnet,
Belle â ravir et point coquette.vallayer_panierprunes.jpg

Arrivée au fond du verger,

Ma cousine lorgne les prunes ;
Et la gourmande en veut manger,
Arrivée au fond du verger.
L’arbre est bas ; sans se déranger
Elle en fait tomber quelques-unes :
Arrivée au fond du verger,
Ma cousine lorgne les prunes.

Elle en prend une, elle la mord,

Et, me l’offrant : « Tiens !… » me dit-elle.
Mon pauvre cœur battait bien fort !
Elle en prend une, elle la mord.
Ses petites dents sur le bord
Avaient fait des points de dentelle…
Elle en prend une, elle la mord,
Et, me l’offrant : « Tiens !… » me dit-elle.

Ce fut tout, mais ce fut assez ;

Ce seul fruit disait bien des choses
(Si j’avais su ce que je sais !…)
Ce fut tout, mais ce fut assez.
Je mordis, comme vous pensez,
Sur la trace des lèvres roses :
Ce fut tout, mais ce fut assez ;
Ce seul fruit disait bien des choses.

À MES LECTRICES.

Oui, mesdames, voilà comment
Nous nous aimâmes pour des prunes :
N’allez pas l’entendre autrement ;
Oui, mesdames, voilà comment.
Si parmi vous, pourtant, d’aucunes
Le comprenaient différemment,
Ma foi, tant pis ! voilà comment
Nous nous aimâmes pour des prunes

Les Amoureuses - Alphonse Daudet

Illustration Panier de prunes - Anne Vallayer-Coster

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 15:51

artichaut.jpgL’artichaut
au coeur tendre
s’est vêtu en guerrier,
droit, il a construit
un petit dôme,
il est resté
imperméable
sous
ses écailles,
à ses côtés,
les végétaux fous
se sont hérissés,
se sont faits
vrilles, clochetons,
bulbes émouvants,
dans le sous-sol
s’est endormi la carotte
aux moustaches rouges,
la vigne
a fait sécher les sarments
par où monte le vin,
le chou s’est appliqué
à essayer des jupes,
la marjolaine
à parfumer le monde,
et le doux artichaut,
là-bas dans le jardin,
habillé en guerrier,
bruni
comme une grenade,
fier,
et un jour
côte à côte
dans de grandes corbeilles
en osier, il est allé
par le marché
réaliser son rêve :
le service armé.
en rangs
jamais il ne fut si martial
qu’à la foire,
les hommes
au milieu des légumes
avec leurs chemises blanches
étaient
maréchaux
des artichauts,
les rangs serrés,
Les ordres criés,
et la détonation
D’un cageot qui tombe,
mais
alors
vient
Maria
avec son panier,
elle choisit
un artichaut,
sans peur,
elle l’examine, l’observe
à contre-jour comme si c’était un oeuf,
l’achète,
le mêle
dans son sac
avec une paire de chaussures,
un chou pommé et une
bouteille
de vinaigre,
jusqu’à ce qu’
entrant dans la cuisine
elle l’immerge dans la marmite.
Ainsi se termine
en paix
cette carrière
du végétal armé
qu’on appelle artichaut,
puis
une écaille après l’autre
nous dévêtons
le délice
et mangeons
la pâte pacifique
de son coeur vert

Ode à l'artichaut de Pablo Neruda

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 05:45

C’est l’été. L’été aussi, décanté en répliques rituelles échangées par nos dames du village, qui marquaient le dimanche en ouvrant leurs ombrelles ; l’été dans le nom des fraises d’autrefois qui s’appelaient le capron rose, la belle-de-juin, la liégeoise-Haquin, celle-ci toute laide, que la maturité pousse au bleu de cyanose, musquée comme un fruit des tropiques et qui ne passait pas du potager à la table sans s’écorcher, saigner, tacher la corbeille et la nappe…
Flore et Pomone - Colette


fraise.jpgEloise Harriet Stannard - "Strawberries On A Cabbage Leaf"

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 06:35

C'était sous le hangar de la charretterie que la table était dressée. Il y a avait dessus quatre aloyaux, six fricassées de poulets, du veau à la casserole, trois gigots et, au milieu, un joli cochon de lait, rôti, flanqué de quatre andouilles à l'oseille. Aux angles, se dressait l'eau-de-vie, dans des carafes. Le cidre doux en bouteilles poussait sa mousse épaisse autour des bouchons et tous les verres, d'avance, avaient été remplis de vin jusqu'au bord. De grands plats de crème jaune, qui flottaient d'eux-mêmes au moindre choc de la table, présentaient, dessinés sur leur surface unie, les chiffres des nouveaux époux en arabesques de nonpareille. On avait été chercher un pâtissier à Yvetot, pour les tourtes et les nougats. Comme il débutait dans le pays, il avait soigné les choses; et il apporta, lui-même, au dessert, une pièce montée qui fit pousser des cris. A la base, d'abord c'était un carré de carton bleu figurant un temple avec portiques, colonnades et statuettes de stuc tout autour, dans des niches constellées d'étoiles en papier doré; puis se tenait au second étage un donjon en gâteau de Savoie, entouré de menues fortifications en angélique, amandes, raisins secs, quartiers d'oranges; et enfin, sur la plate-forme supérieure, qui était une prairie verte où il y avait des rochers avec des lacs de confitures et des bateaux en éclaes de noisettes, on voyait un petit Amour, se balançant à une escarpolette de chocolat, dont les deux poteaux étaient terminés par deux boutons de rose naturelle, en guise de boules, au sommet.
Jusqu'au soir on mangea.
Madame Bovary - Gustave Flaubertrepasnoce

Repas de noce à Yport - Albert Auguste Fourie

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