Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

ACTIVITES PROFESSIONNELLES

Conseil culinaire et
Accords mets-vins


Atelier enfants et adultes 

 

Blog sur les vins de la Vallée du Rhône  logo_cdrnews.jpg 

Blog de cuisine pour enfants
Trois petits tours et cuisinons !


PARTENARIAT 
Maison d'hôte les Santolines 

 

Translation
In english
Auf Deutsch

Liens à suivre
blogs, communautés et sites...

Pour ne rien manquer
 
twitter.jpg Follow Me on Pinterestfacebook.jpg

PANEM ET CIRCENSES !

Jeux glou et miam
de la blogosphère
 

Jeux à retrouver ici

25 février 2007 7 25 /02 /février /2007 19:00
Emancipée, féministe avant l'heure, sexuellement et socialement libérée, la garçonne de la littérature française (avec Georges Sand) est aussi une femme de vin ! Elle l'apprécie et elle l'a cultivé.

La bourguignonne amateur de toutes les nourritures terrestres nous offre à travers son oeuvre (qui recèle de nombreux éléments autobiographiques) toute l'ampleur de son intérêt pour le vin et la cuisine, ainsi qu'un témoignage de ce qui se mange et se boit alors.

Pour elle, l'eau se boit pour étancher la soif, en dehors des repas, tandis que "le vin c'est, selon sa qualité et son terroir, un tonique nécessaire, un luxe, l'honneur des mets".
Dans sa prime enfance, elle goûte parcimonieusement de grands vins : "je bus du vin tous les jours, très peu à très peu, savourant la gorgée au passage" ; elle acquiert peu à peu de véritables références vinvicoles et une connaissance toujours enrichie des terroirs et des cépages. Elle s'intéresse également au travail de la vigne et aux méthodes de vinification.

"La vigne, le vin sont de grands mystères. Seule, dans le règne végétal, la vigne nous rend intelligible ce qu'est la saveur de la terre. Quelle fidélité dans la traduction ! (...) Quelle journée sans nuage, quelle douce pluie tardive décident qu'une année de vin sera grande entre les années ? La sollicitude humaine n'y peut presque rien, là tout est sorcellerie céleste, passage de planète, taches solaires"

Les vendanges deviennent pour elle une tradition, ainsi qu'une mode pour de nombreux passionnés, un passage obligé pour découvrir "la récolte lente, les paniers pleins, la soif qui croit se satisfaire en mordant la grappe, et qui s'attise..." C'est une fête des yeux, des papilles...
Et bientôt, c'est de ses vendanges qu'il s'agira. La vigneronne décrit avec poésie le travail du vin, la maturation, l'évolution de cette matière vivante. Le sien, celui des autres, le vin est à la fois d'essence divine et naturelle, païenne presque ! Et il est magique...

Evoquant par exemple le beaujolais : "j'abordai le Vin au secret d'une de ses chambres intimes (...) Les grandes portes rabattues, le Cru semblait retiré à même une grotte, et de son haut plafond il me jeta ensemble une chape glacée d'air immobile, la divine et boueuse odeur des raisins foulés, et le bourdonnement de leur ébullition".

Colette est une véritable dégustatrice, elle boit de petites quantités, attentive, concentrée sur le contenu de son verre... Comme toutes les femmes, elle est avant tout une olfactive et décrit merveilleusement les émotions liées aux flaveurs envoûtantes des crus, dans la bouche parfois de ces personnages : dans Chéri, elle parle du "pétillement à l'odeur de rose d'un vieux champagne" ou encore de "l'ardeur musquée du vin d'Asti" dans Claudine à Paris...

Parmi ses vins de prédilection figurent en bonne place ceux de son enfance, les vins doux naturels et liquoreux comme le frontignan (qu'elle dégustait enfant) et le sauternes, les vins de pays, notamment méridionaux, les grands bordeaux (Château-Larose, Château-Laffite..) et bien entendu les bourgognes ! Dans la cave familiale, il y avait des crus fameux (Corton, Chambertin) mais c'est surtout sur le tard qu'elle se passionnera pour les vins de Pommard ou de Gevrey-Chambertin. Et son "must" avec la truffe est un Mercurey, "à défaut d'un grand ancêtre bourguignon au sang généreux"...

"Nous faisons visite, aujourd'hui, à la dissidente qui affronte le Cru, à la Firme qui vend du vin bourguignon : “Analysez-moi, goûtez-moi, dit-elle. Mes vins charrient l'or et le rubis classiques, ils sont purs de mésalliance. (...) J'amasse des vins qui sont originaires des vignobles de Bourgogne. Je groupe, fidèles et épars, des cadets généreux que le Cru, lorsqu'il ne les réquisitionne pas, traite de bâtards sans honneur (...) On trouvera que je traduis, que je résume en des termes tant soit peu lyriques. Mais comment parler froidement, quand il s'agit d'une gloire nationale, du vin de Bourgogne ?".

En cuisine, autant l'alcool est à limiter car trop brutal, autant le vin est un partenaire précieux et une boisson qui allie gaieté et santé, une ressource naturelle indissociable d'un art de vivre gourmand...


D'après la "thèse" de Marie Laure CHAMUSSY BOUTEILLE.

Partager cet article

Repost 0
Published by Nathalie Merceron - dans Littéraire et cinéphile
commenter cet article
31 janvier 2007 3 31 /01 /janvier /2007 07:06
Je ne résiste pas au plaisir de vous faire lire ce texte magnifique de l'entomologiste Jean-Henri Fabre, vauclusien d'origine et amoureux de sa Provence natale, au sujet du chien truffier (ou chien rabassier)...

"Qui n'a pas vu le chien cherchant la truffe ignore une des plus belles prouesses du sens olfactif. Absorbé dans ses fonctions, l'animal va, le nez au vent, le pas modéré. Il s'arrête, interroge le sol d'un coup de narines, et, sans insister, gratte un peu de la patte. « Ca y est, maître, semble-t-il dire du regard ; ça y est. Foi de chien, la truffe est là. »

Et il dit vrai. Le maître fouille au point indiqué. Si la houlette s'égare, le chien la fait remettre dans la bonne direction en reniflant un peu au fond du trou. N'ayez crainte des pierrailles, des racines rencontrées : en dépit des écrans et de la profondeur, le tubercule viendra. Nez de chien ne peut mentir.

Subtilité d'odorat, dit-on. Je veux bien, si l'on entend par là que les fosses nasales de l'animal sont l'organe percepteur ; mais la chose perçue est-elle toujours une simple odeur dans la vulgaire acception du terme, un effluve comme l'entend notre propre impressionnabilité ? J'aurais quelques raisons d'en douter. Racontons la chose.

A diverses reprises, j'ai eu la bonne fortune d'accompagner un chien des mieux experts en son métier. Certes il ne payait pas de mine, l'artiste que je désirais tant voir travailler : chien quelconque, placide et réfléchi, disgracieux, mal peigné, non admissible aux intimités du coin du feu. Talent et misère fréquemment vont de pair.

Son maître, célèbre rabassier [ Rabasso est le nom provençal de la truffe. D'où le terme de rabassier pour désigner un chercheur de truffes. ] du village, convaincu que mon dessein n'était pas de lui dérober ses secrets et de lui faire un jour concurrence, m'admit en sa compagnie, gracieuseté non prodiguée. Du moment que je n'étais pas un apprenti, mais un simple curieux qui dessinait et mettait par écrit les choses végétales souterraines, au lieu d'apporter à la ville mon sachet de trouvailles, gloire de la dinde aux fêtes de la Noël, l'excellent homme se prêta de son mieux à mes vues.

Il fut convenu entre nous que le chien agirait à sa guise, avec la récompense obligatoire après chaque découverte, n'importe laquelle, un croûton de pain gros comme l'ongle. En tout point gratté de la patte il serait fouillé, et l'objet indiqué serait extrait sans préoccupation de sa valeur marchande. Dans aucun cas, l'expérience du maître ne devait intervenir pour détourner la bête d'un point où la pratique des choses n'indiquerait rien de commercial, car aux morceaux de choix, accueillis, bien entendu, quand ils se présentaient, mon relevé botanique préférait les misérables productions non admises au marché.

Ainsi conduite, l'herborisation souterraine fut très fructueuse. De son nez perspicace, le chien me fit indifféremment récolter le gros et le menu, le frais et le pourri, l'inodore et l'odorant, le parfumé et l'infect. J'étais émerveillé de ma collection, comprenant la majeure partie des champignons hypogés de mon voisinage.

Quelle variété de structure et surtout de fumet, qualité primordiale en cette question de flair ! Il y en a sans rien autre d'appréciable qu'un vague relent fungique, qui partout se retrouve, plus ou moins net. Il y en a qui sentent la rave, le chou pourri ; il y en a de fétides, capables d'apuantir l'habitation du collectionneur. Seule la vraie truffe possède l'arôme cher aux gourmets.

Si l'odeur comme nous l'entendons est son unique guide, comment fait le chien pour se reconnaître au milieu de ces disparates ? Est-il averti du contenu du sol par une émanation générale, l'effluve fungique, commune aux diverses espèces ? Alors surgit question bien embarrassante.

J'étais attentif aux champignons ordinaires, dont beaucoup, encore invisibles, annonçaient leur prochaine sortie en crevassant le sol. Or, en ces points, où mon regard devinait le cryptogame refoulant la terre sous la poussée de son chapeau, en ces points où la vulgaire odeur fungique était certainement très prononcée, je n'ai jamais vu le chien faire station. Il passait dédaigneux, sans reniflement, sans coup de patte. La chose cependant était sous terre, pareille de fumet à ce qu'il nous indiquait parfois.

Je revins de l'école du chien avec la conviction que le nez dénonciateur de la truffe a pour guide mieux que l'odeur telle que nous la concevons d'après nos aptitudes olfactives. Il doit percevoir en plus des effluves d'un autre ordre, pleins de mystère pour nous, non outillés en conséquence. La lumière a ses rayons obscurs, sans effet sur notre rétine, mais non apparemment sur toutes. Pourquoi le domaine de l'odorat n'aurait-il pas ses émanations clandestines, inconnues de notre sensibilité et perceptibles avec une olfaction différente ?

Si le flair du chien nous laisse perplexes en ce sens qu'il nous est impossible de dire au juste, de soupçonner même ce qu'il perçoit, du moins il nous affirme clairement quelle erreur serait la nôtre si nous rapportions tout à la mesure humaine. Le monde des sensations est bien plus vaste que ne le disent les bornes de notre impressionnabilité. Faute d'organes assez subtils, que de faits nous échappent dans le jeu des forces naturelles !"


                                                  Jean-Henri Fabre, Souvenirs entomologistes

Partager cet article

Repost 0
Published by Nathalie Merceron - dans Littéraire et cinéphile
commenter cet article
27 janvier 2007 6 27 /01 /janvier /2007 16:24
Cette citation met en relief toute la couleur brillante des fruits confits ; c'était le préambule d'un séminaire de gastronomie moléculaire (septembre 2004) :

"Il y avait ces fruits imprégnés de sucre qui n'étaient plus que transparence vitreuse comme celle des pierres semi-dures, abricots-topazes, melons-jades, amendes-calcédoines, cerises-rubis, figues-améthystes..."
                             Colette - extrait de Flore et Pomone

Partager cet article

Repost 0
Published by Nathalie Merceron - dans Littéraire et cinéphile
commenter cet article

Article ? Recette ?