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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 07:53

Ma sandwicherie du mercredi s'ouvre au 7ème art et l'inspiration des mini club sandwiches à la dinde sont inspirés de la comédie musicale White Christmas. L'un est à la moutarde à l'ancienne (au moût de vin), l'autre à la purée d'avocat.
Ingrédients
- 3 tranches de pain de mie
- reste de dinde (cuisse au four)
- 1 ou 2 tranches de bacon
- 1/2 avocat
- 1 trait de jus de citron
- verdure (laitue, roquette, épinard, légumes feuilles divers)
- sel, poivre
Préparation
Ecraser l'avocat avec du jus de citron, saler, poivrer.
Griller les tranches de bacon et les couper en 4. 
Toaster les tranches de pain de mie, couper en 4. Tartiner une partie des mini tranches de moutarde, l'autre d'avocat et alterner dinde/bacon et verdure entre les tranches.

La prochaine fois, ce sera sandwich à la saucisse de foie !

 

Mini club sandwiches à la dinde inspiré du film White Christmas

Car dans White Christmas, l'on hésite entre sandwich jambon-fromage, à la dinde ou à la saucisse de foie !
Voici la scène entre Bob Wallace (Bing Crosby) et Betty Haynes (Rosemary Clooney) : 

"If I have ham and cheese on rye like that I dream about a tall cool blonde. Turkey, I dream about a brunette. A little on the scat-back side, but oh, sexy."
"What about liverwurst?"
"I dream about liverwurst."

 

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 07:37

Plutôt que de descendre au fond du puits des névroses qui font de bon nombre d’entre nous ce que nous sommes, je préfère considérer ma passion pour la gastronomie et les bons vins comme une quête obstinée de l’authenticité, et me prendre pour un voyageur, un explorateur, un aventurier découvrant ces activités banales auxquelles nous nous livrons tous les jours : manger et boire.

Jim Harrison (Aventures d'un gourmand vagabond, extrait)

Jim Harrison

Jim Harrison

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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 07:26

On n’a besoin d’aucun art pour ouvrir un oursin que l’on vient de ramasser et pour se régaler de son affolante chair crue. Et c’est le sommet de la gastronomie.

 

Amélie Nothomb (Biographie de la Faim, extrait)

Lillie Honnorat - nature morte aux oursins

Lillie Honnorat - nature morte aux oursins

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 08:10

– À la barque, les huîtres, à la barque. – Oh ! des huîtres, j'en ai si envie ! » Heureusement, Albertine, moitié inconstance, moitié docilité, oubliait vite ce qu'elle avait désiré, et avant que j'eusse eu le temps de lui dire qu'elle les aurait meilleures chez Prunier, elle voulait successivement tout ce qu'elle entendait crier par la marchande de poissons : « À la crevette, à la bonne crevette, j'ai de la raie toute en vie, toute en vie. – Merlans à frire, à frire. – Il arrive le maquereau, maquereau frais, maquereau nouveau. – Voilà le maquereau, mesdames, il est beau le maquereau. – À la moule fraîche et bonne, à la moule ! » Malgré moi, l'avertissement : « Il arrive le maquereau » me faisait frémir. Mais comme cet avertissement ne pouvait s'appliquer, me semblait-il, à notre chauffeur, je ne songeais qu'au poisson que je détestais, mon inquiétude ne durait pas. « Ah ! des moules, dit Albertine, j'aimerais tant manger des moules. – Mon chéri ! c'était pour Balbec, ici ça ne vaut rien ; d'ailleurs, je vous en prie, rappelez-vous ce que vous a dit Cottard au sujet des moules. »

 

Marcel Proust (La recherche du temps perdu, extrait)

Marchands de poisson à leur étal de Frans Snyders

Marchands de poisson à leur étal de Frans Snyders

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 07:45

Le Champagne est souvent mis en scène au cinéma ; bulles fines, légères, on le retrouve dans de nombreux films, entre fête et de séduction ; et il est l'objet de placements produit, comme le partenariat entre le Champagne Bollinger et James Bond, depuis 1973...

Dans Circonstances atténuantes de Jean Boyer, c'est le Mumm brut Cordon rouge qui est à l'honneur.
circontancesattenuantes_jboyer.jpg

C'est le même Champagne que l'on retrouve dans Casablanca...

champagne_casablanca.jpg

Dans High society, Franck Sinatra et Bing Crosby chantent les grâces du Champagne !

 champagne_highsociety.jpg
Plus tard, scène d'amour entre Franck Sinatra et Grace Kelly au bord de la piscine, une douce ivresse les berce : "ils mettent des cloches dans le Champagne" lui dit-il...
champagne highsociety2 

Dans Sept ans de réflexion, le Champagne se boit avec des chips pour fêter les 22 ans de la charmante voisine !
champagne_septansdereflexion.jpg

Tandis qu'il se déguste avec des fraises, selon l'accord parfait dans Pretty Woman. Le Champagne, symbole de raffinement...

champagne_-prettywoman.jpg

Et boire du Champagne avant le petit déjeuner ? En compagnie d'Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany's...

La première gorgée de Champagne par Ninotchka dans le film éponyme : après une petite grimace, le personnage joué par Greta Garbo s'ennivre au Champagne...

Dans Notorious d'Alfred Hitchcock, le Champagne dispute la vedette au Pommard, mais les deux sont essentiels à l'intrigue.

Notorious_champagne.png

Terminons avec une vidéo extraite du film Gigi : "the day they invented Champagne"

 

champagne_casablanca.jpg

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28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 07:06

Et, en effet, Françoise, surexcitée par l'ambition de réussir pour un invité de marque un dîner enfin semé de difficultés dignes d'elle, s'était donné une peine qu'elle ne prenait plus quand nous étions seuls et avait retrouvé sa manière incomparable de Combray.
(...)

Ma mère comptait beaucoup sur la salade d'ananas et de truffes. Mais l’Ambassadeur après avoir exercé un instant sur le mets la pénétration de son regard d’observateur la mangea en restant entouré de discrétion diplomatique et ne nous livra pas sa pensée. Ma mère insista pour qu’il en reprit, ce que fit M. de Norpois, mais en disant seulement au lieu du compliment qu’on espérait : " J’obéis, Madame, puisque je vois que c’est là de votre part un véritable oukase."


Marcel Proust (A l'ombre des jeunes filles en fleur, extrait)

La salade d'ananas et de truffes, Marcel Proust (A l'ombre des jeunes filles en fleur, extrait)

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 08:04

Je voyageais. Le paysage au milieu duquel j’étais placé était d’une grandeur et d’une noblesse irrésistibles. Il en passa sans doute en ce moment quelque chose dans mon âme. Mes pensées voltigeaient avec une légèreté égale à celle de l’atmosphère ; les passions vulgaires, telles que la haine et l’amour profane, m’apparaissaient maintenant aussi éloignées que les nuées qui défilaient au fond des abîmes sous mes pieds ; mon âme me semblait aussi vaste et aussi pure que la coupole du ciel dont j’étais enveloppé ; le souvenir des choses terrestres n’arrivait à mon cœur qu’affaibli et diminué, comme le son de la clochette des bestiaux imperceptibles qui paissaient loin, bien loin, sur le versant d’une autre montagne. Sur le petit lac immobile, noir de son immense profondeur, passait quelquefois l’ombre d’un nuage, comme le reflet du manteau d’un géant aérien volant à travers le ciel. Et je me souviens que cette sensation solennelle et rare, causée par un grand mouvement parfaitement silencieux, me remplissait d’une joie mêlée de peur. Bref, je me sentais, grâce à l’enthousiasmante beauté dont j’étais environné, en parfaite paix avec moi-même et avec l’univers ; je crois même que, dans ma parfaite béatitude et dans mon total oubli de tout le mal terrestre, j’en étais venu à ne plus trouver si ridicules les journaux qui prétendent que l’homme est né bon ; — quand la matière incurable renouvelant ses exigences, je songeai à réparer la fatigue et à soulager l’appétit causés par une si longue ascension. Je tirai de ma poche un gros morceau de pain, une tasse de cuir et un flacon d’un certain élixir que les pharmaciens vendaient dans ce temps-là aux touristes pour le mêler dans l’occasion avec de l’eau de neige.

Je découpais tranquillement mon pain, quand un bruit très-léger me fit lever les yeux. Devant moi se tenait un petit être déguenillé, noir, ébouriffé, dont les yeux creux, farouches et comme suppliants, dévoraient le morceau de pain. Et je l’entendis soupirer, d’une voix basse et rauque, le mot : gâteau ! Je ne pus m’empêcher de rire en entendant l’appellation dont il voulait bien honorer mon pain presque blanc, et j’en coupai pour lui une belle tranche que je lui offris. Lentement il se rapprocha, ne quittant pas des yeux l’objet de sa convoitise ; puis, happant le morceau avec sa main, se recula vivement, comme s’il eût craint que mon offre ne fût pas sincère ou que je m’en repentisse déjà.

Mais au même instant il fut culbuté par un autre petit sauvage, sorti je ne sais d’où, et si parfaitement semblable au premier qu’on aurait pu le prendre pour son frère jumeau. Ensemble ils roulèrent sur le sol, se disputant la précieuse proie, aucun n’en voulant sans doute sacrifier la moitié pour son frère. Le premier, exaspéré, empoigna le second par les cheveux ; celui-ci lui saisit l’oreille avec les dents, et en cracha un petit morceau sanglant avec un superbe juron patois. Le légitime propriétaire du gâteau essaya d’enfoncer ses petites griffes dans les yeux de l’usurpateur ; à son tour celui-ci appliqua toutes ses forces à étrangler son adversaire d’une main, pendant que de l’autre il tâchait de glisser dans sa poche le prix du combat. Mais, ravivé par le désespoir, le vaincu se redressa et fit rouler le vainqueur par terre d’un coup de tête dans l’estomac. À quoi bon décrire une lutte hideuse qui dura en vérité plus longtemps que leurs forces enfantines ne semblaient le promettre ? Le gâteau voyageait de main en main et changeait de poche à chaque instant ; mais, hélas ! il changeait aussi de volume ; et lorsque enfin, exténués, haletants, sanglants, ils s’arrêtèrent par impossibilité de continuer, il n’y avait plus, à vrai dire, aucun sujet de bataille ; le morceau de pain avait disparu, et il était éparpillé en miettes semblables aux grains de sable auxquels il était mêlé.

Ce spectacle m’avait embrumé le paysage, et la joie calme où s’ébaudissait mon âme avant d’avoir vu ces petits hommes avait totalement disparu ; j’en restai triste assez longtemps, me répétant sans cesse : « Il y a donc un pays superbe où le pain s’appelle du gâteau, friandise si rare qu’elle suffit pour engendrer une guerre parfaitement fratricide ! »

Nature morte avec pichet et pain - Pablo Picasso (1921)

Nature morte avec pichet et pain - Pablo Picasso (1921)

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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 08:28

Quelle boisson plus festive, légère, digeste ?
En digest, quelques citations autour du Champagne :

"Le champagne, c'est le seul vin qui laisse la femme belle après boire" (attribué à Madame de Pompadour)

"En mondanités, le champagne est presque meilleur. Plus le contexte est hostile, plus il fait figure d'oasis c'est le résultat qu'on ne peut obtenir en buvant chez soi." (Amélie Nothomb, Pétronille)

"Le champagne, si on a le temps de l’écouter, fait le même bruit dans sa mousse et son verre que la mer sur le sable" (Max Jacob)

 

Champagne !

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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 09:30

Je trottine derrière lui jusqu’à la cuisine. Misère. Dans tel écrin, je veux bien cuisiner chaque jour, y compris pour Léon. Rien ne peut y être ordinaire et jusqu’à ouvrir une boîte de Ronron doit y paraître délicieux.
– Je suis très fier de ma cuisine, dit M. Ozu avec simplicité.
– Vous pouvez, dis-je, sans l’ombre d’un sarcasme.
Tout est blanc et bois clair, avec de longs plans de travail et de grands vaisseliers emplis de plats et de coupelles de porcelaine bleue, noire et blanche. Au centre, le four, les plaques de cuisson, un évier à trois vasques et un espace bar sur un des accueillants tabourets duquel je me penche, en faisant face à M. Ozu qui s’affaire aux fourneaux. Il a placé devant moi une petite bouteille de saké chaud et deux ravissants godets en porcelaine bleue craquelée.
– Je ne sais pas si vous connaissez la cuisine japonaise, me dit-il.
– Pas très bien, réponds-je.
Une vague d’espoir me soulève. 

Cuisine et saké par Muriel Barbery (extrait de l'Elegance du Hérisson)

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 07:18

Il y a les inventeurs lumineux dont la gloire fracassante résonne longtemps après eux dans les plaines infinies de la connaissance humaine, et puis il y a les inventeurs obscurs, les génies de l’ombre qui traversent la vie sans bruit et s’effacent à jamais sans que la moindre reconnaissance posthume vienne apaiser les tourments éternels de leur âme errante qui gémit aux vents mauvais de l’infernal séjour, sa désespérance écorchée aux griffes glacées d’ingratitude d’un monde au ventre mou sans chaleur ni tendresse.
Parmi ces besogneux du progrès, ces gagne-petit de la connaissance qui ont contribué sans bruit à faire progresser l’humanité de l’âge des cavernes obscurantiste à l’ère lumineuse de la bombe à neutrons, comment de pas prendre le temps d’une pensée émue pour nous souvenir de Jonathan Sifflé-Ceutrin, l’humble et génial inventeur du pain pour saucer?
Jonathan Sifflé-Ceutrin dont le bicentenaire des 200 ans remonte à deux siècles, est né le 4 décembre 1782 à Casuffit-les-Gonesses, au coeur de la Bourgogne gastronomique dans une famille de sauciers éminents. Son père était gribichier-mayonniste du Roi et sa mère, Catherine de Mets-du-Sel, n'était autre que la propre fille du Comte Tinue-de-Touiller-Connard qui fit sensation le soir du Réveillon 1779 à la Cour de Versailles en servant la laitue avec une nouvelle vinaigrette tellement savoureuse que Marie-Antoinette le fit mander le lendemain à trianon pour connaître son secret. "C'est tout simple, Majesté, pour changer, j'ai remplacé le chocolat en poudre par du poivre". "Voilà qui est bien,  Comte Tinue-de-Touiller-Connard, continue je te dis, mais continue... Oh oui c'est bon, Oh-la-la-la-la".
Bien évidemment, l'enfance du petit Jonathan Sifflé-Ceutrin baigna toute entière dans la sauce. Debout sur un tabouret près des fourneaux de fonte où ronflait un feu d'enfer, il ne se lassait jamais de regarder son père barattant les jus délicieux à grands coups de cuillère en bois tandis que sa mère, penchée sur d'immenses poêlons en cuivre rouge, déglaçait à petites rasades de vieux Cognac le sang bruni et les graisses rares des oies de Périgord dont les luxuriantes senteurs veloutées se mêlaient aux graciles effluves des herbes fines pour nous éblouir l'odorat jusqu'à la douleur exquise des faims dévorantes point encore assouvies. Hélas, au moment du repas, la joie préstomacale de Jonathan se muait invariablement en détresse. Quand il avait fini d'avaler en ronronnant l'ultime parcelle de chair tendre que son couteau fébrile arrachait au cuissot du gibier, il restait là, médusé, pantelant de rage et boursouflé d'une intolérable frustration devant le spectacle insupportable de toute cette bonne sauce qui se figeait doucement dans son assiette, à quelques pouces de ses papilles, mouillées de désir et de sa luette offerte frissonnante d'envie au creux de sa gorge moite, dans l'attente infernale d'une bonne giclée de jus de la bête entre ses lèvres écartées !
En vérité je vous le dis mes frères, il faut être végétarien ou socialiste pour ne pas comprendre l'intensité du martyre qu'endurait quotidiennement les malheureux gastronomes de ces temps obscurs... Soumis aux rigueurs d'un protocole draconien qui sévissait jusqu'au tréfonds des campagnes où le clergé avait réussi à l'imposer en arguant comme toujours la valeur rédemptrice de la souffrance, les malheureux dégustaient leur plat de viande en sauce à l'aide de la fourchette et du couteau après qu'un décret papal de 1614 eut frappé d'hérésie l'usage de la cuillère. Pour bien imaginer la cruauté d'une telle frustration, essayez-vous mêmes, misérables profiteurs repus de la gastronomie laxiste de ce siècle décadent, essayez de saucer un jus de gigot avec un couteau ou à la pointe de la fourchette. C'est l'enfer ! C'est atroce ! C'est aussi définitivement intolérable qu'une nuit passée dans un poumon d'acier avec Carole Laure à poil couchée dessus ! 
Curieuse coincidence, c'est le jour même de son vingtième anniversaire que 
Jonathan Sifflé-Ceutrin  eut l'idée de sa vie, l'idée géniale qui allait transformer enfin le supplice tantalien du festin para-saucier en délices juteux inépuisables. C'était le 4 décembre 1802. Ce siècle avait deux ans. Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte, et déjà Bonaparte perçait sous Joséphine.
Jonathan soupait au Sanglier chafouin, le restaurant en vogue du gratin consulaire, en compagnie d'une jeune camériste bonapartiste de gauche qu'il comptait culbuter au pousse-café. C'était un gueuleton banal : hors d'oeuvres variés, sangliers variés, fromage OU pain. Je dis bien "fromage OU pain". On sait qu'il aura fallu attendre 1936 et le Front Populaire pour que les travailleurs obtiennent conjointement au prix de luttes admirables les congés payés et les cantines d'usine avec fromage ET pain. En mai 68, les responsables CGT qui s'essouflaient dans leur cholestérol gorgés de Ricard à la traine des étudiants, voulurent ne pas être en reste et exigèrent des patrons la seule réforme logique après celle du fromage ET pain, le remplacement du fromage OU dessert par le tant attendu fromage ET dessert, qui aurait normalement du déboucher sur le vrai changement, c'est à dire l'abolition pure et simple de l'odieux dessert OU assiette en un nouveau dessert ET assiette, stade ultime du progrès socialiste avant la réforme des réformes, qui offrira aux travailleurs le véritable choix populaire que le grand frère soviétique a déjà mis en place : goulag ou lavage de cerveau !
Or, donc, 
 Jonathan Sifflé-Ceutrin finissait son sanglier melb
a sauce grand veneur, quand le seveur, un ancien hippie de la campagne d'Egypte gorgé d'herbes toxiques et de Calva du Nil, laissa malencontreusement choir sa corbeille à pain sur la table où Jonathan commençait à baiser des yeux sa camarade pour oublier la sauce qui se figeait déjà et dans laquelle une énorme tranche de pain de campagne vint s'enliser dans un grand floc-floc grasseyant. Bon sang mais c'est bien sûr ! s'écria le jeune homme et s'emparant d'une autre tranche moelleuse, il la tendit à sa compagne qui n'était autre que Marie Curie, créatrice de la sauce du même nom, et lui dit "Marie, trempe ton pain, Marie, trempe ton pain". (...)

Pierre Desproges (Tribunal des flagrants délires)

 


 

L'inventeur du pain pour saucer, par Pierre Desproges

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