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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 08:02

Ce sont les fallacieux rosbifs et les illusoires gigots cuits au four des restaurants qui développent les ferments du concubinage dans l'âme ulcérée des vieux garçons.

Le moment est venu où la viande tiède et rose, sentant l'eau, écoeure. Sept heures sonnent. Le célibataire cherche la table où il se place d'habitude dans sa gargote coutumière et il souffre de la voir occupée déjà. Il retire du casier pendu au mur sa serviette tachée de vin et, après avoir échangé des propos sans intérêt avec les clients voisins, il parcourt l'invariable carte et s'assied, morose, devant le potage que le garçon apporte, en y lavant, tous les soirs, un pouce. 

L'humble dépense de son dîner s'accroît maintenant, pour agacer l'appétit interrompu, d'inutiles suppléments de salades durement vinaigrées et d'un demi-siphon d'eau de Seltz.

C'est alors qu'après avoir avalé sa soupe, tout en roulant dans une quotidienne sauce rousse les tronçons filandreux d'un aloyau sans suc, le célibataire cherche à endormir l'horrible dégoût qui lui serre le gosier et lui fait lever le coeur. 

Une première vision l'obsède tandis qu'il regarde, sans le dire, le journal qu'il a tiré de ses poches. Il se rappelle une jeune fille qu'il aurait pu épouser il y a dix ans, il se voit avec elle, mangeant de robustes viandes et buvant de francs bourgognes, mais le revers se montre aussitôt et alors se déroulent devant son esprit chagrin les étapes d'un affreux mariage. Il s'imagine assister au sein de sa nouvelle famille, à l'échange persistant des idées niaises et aux interminables parties de loto égayées par l'énumération des vieux sobriquets qu'on donne aux chiffres. Il se voit aspirant après son lit et supportant, une fois couché, les attaques répétées d'une épouse grincheuse ; il se voit, en habit noir, au milieu d'un bal, l'hiver, arrêté dans le somme qu'il préparait par le coup d'oeil furieux de sa femme qui danse ; il s'entend reprocher, une fois rentrés, la maussade attitude qu'il a tenue dans le coin des portes, il s'entend tout d'un coup enfin traité justement par le monde de cocufié... et le dîneur absorbé frémit et mange avec plus de résignation une bouchée de l'affligeant fricot qui se fige sur son assiette.

Mais, tout en mâchant l'insipide et coriace viande, tout en souffrant des aigres renvois que procure l'eau de Seltz, la tristesse du célibat lui revient et il songe, cette fois, à une bonne fille qui serait lasse d'une vie de hasard et qui voudrait s'assurer un sort ; il songe à une femme déjà mûre dont les amoureuses fringales auraient pris fin, à une maternelle et rustaude compagne qui accepterait, en échange de la pâtée et de la niche, toutes ses vieilles habitudes, toutes ses vieilles manies. 

Pas de familles à visiter, pas de bals à subir, le couvert mis tous les jours chez soi à la même heure, le cocuage devenu sans importance, peu de chances, en somme, d'enfanter des mômes qui piaillent sous le prétexte qu'ils font des dents et, accélérée par le dégoût sans cesse croissant du repas prix au dehors, l'idée d'un collage devient plus impérieuse et plus fixe et le célibataire sombre, corps et biens, apercevant dans un lointain mirage un joyeux tournebroche, rouge comme un soleil, devant lequel passent, lentement, jutant à grosses gouttes, de tout-puissants rumstecks.

Ce sont les fallacieux rosbifs et les illusoires gigots cuits au four des restaurants qui développent les ferments du concubinage dans l'âme ulcérée des vieux garçons.

Joris Karl Huymans, Petit poème en prose des viandes cuites au four (Croquis parisiens)

Le boeuf écorché de Rembrandt

Le boeuf écorché de Rembrandt

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 07:00

L'ancien lauréat de Top chef Jean Imbert a lancé ce début d'année une collaboration avec les cinémas Mk2 : allier gastronomie et cinéma au Palais de Tokyo, dans une salle de projection privée de 25 places baptisée "Mademoiselle Cinéma". Le menu est élaboré chaque fois en hommage et en référence au film projeté. Après des mets d'inspiration moyen-orientale et nord-africaine pour Lawrence d'Arabie et du poisson cru pour Les Dents de la Mer, les prochains rendez-vous auront lieu le 16 mars avec un repas de cow-boy pour Rio Bravo et le 7 avril un menu surprise plein de suspens pour la Mort aux Trousses !

Cuisine et 7ème art : Jean Imbert fait son cinéma au Palais de Tokyo

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 07:53

"Personne n'aime les endives braisées dans la vraie vie", dixit Chiara Mastroianni dans le film Non ma fille tu n'iras pas danser.

Vous prendrez bien un peu de fromage après la tartiflette ?


Plein de gens aiment les endives braisées..., extrait de Non ma fille, tu n'iras pas danser

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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 05:54

Cruspets*

 

Garfous dou tems pascouau, regal !

A Nadau, le miche qu'es bone

Lou pastis caut, a Noste-Done

E lous cruspets, per Carnabal !

 

En le casserole de terre,

Com l'or, le paste qu'a bloundit,

E dab lou culhi, dit per dit,

Tout que s'en ba dens le padère !

 

S'estiran le peth en hinglan,

Lou cruspetot que birouleye :

L'un redoun com Yan-panse-pleye,

L'aut cornart, com meste Caplan !

 

E bien poudrats de cassounade,

A taule que binen touts cauts...

Desempuch, qu'ene ey minjat d'auts,

Mès le sabou s'en ère anade !

 

 

Beignets

 

Garfous** du temps pascal, régal !

A Noël, la miche* est bonne

Le pastis*** chaud à Notre Dame

Et les beignets, pour Carnaval !

 

Dans la casserole de terre,

Comme l'or, la pâte a blondi

Et de la cuillère, doigt après doigt,

Tout arrive dans la poêle !

 

S'étirant la peau en gonflant,

Le petit beignet pirouette :

L'un rond comme Jean-panse-pleine

L'autre  cornu (rugueux) comme maître Caplan !

 

Et bien poudrés de cassonade,

A table, ils arrivent tout chauds...

Depuis, j'en ai mangé bien d'autres,

Mais la saveur s'en était allée !

 

*Cruspet, beignet de Carnaval gascon
**Garfou, brioche en forme de béret
***Pastis gascon ou tourte landaise,
spécialité feuilletées aux pommes


Cruspets, poème d'Isidore Salle

(texte trouvé ici)

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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 07:52

truffemelano.jpg

Ne mangez pas la truffe sans boire. À défaut d'un grand ancêtre bourguignon au sang généreux, ayez quelque Mercurey festif et velouté tout ensemble. Et buvez peu, s'il vous plaît. On dit dans mon pays natal, que pendant un bon repas, on n'a pas soif, mais bien faim de boire. 


Colette (source Colette et le vin)

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 07:15

Dédaignons la mouillette
Et la côte au persil
Crépine sur le gril
Ô ma fine andouillette.

Certes ta peau douillette
court un grave péril
Pour toi, ronde fillette,
Je défonce un baril.

Siffle, crève et larmoie
Ma princesse de Troyes,
Au flanc de noir zébré.

Oh ! Grand Dieu que c’est bon,
Avec verr’ de Layon,
De chaume et du vert pré.

Charles Monselet (Récits de table)

 

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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 08:00

Un original de nos amis, grand amateur d'huîtres, eut la fantaisie, l'an dernier, d'aller déguster sur place les produits des bancs les plus renommés, afin de les comparer et d'être édifié une fois pour toutes sur leurs différents mérites. Il alla donc à Cancale, à Ostende, à Marennes, et autres localités recommandables. Il revint persuadé que Paris est le port de mer où l'on trouve les meilleurs produits maritimes.

Vous connaissez cet ami, mes chères petites, vous savez qu'il est fantaisiste, et que, quand il raconte, son imagination lui fait dépasser le vraisemblable. L'autre soir, il était en train de nous narrer son voyage, lorsque l'homme au sable a passé. Vous avez résisté le mieux possible ; mais enfin il vous a fallu dire bonsoir à la compagnie, et vous auriez perdu cette curieuse histoire, si je ne l'eusse transcrite fidèlement pour vous, le soir même. La voici telle que je l'ai entendue. C'est notre ami qui parle :

Vous savez aussi bien que moi, mes chers amis, qu'on peut habiter les bords de la mer et n'y manger de poissons, de crustacés et de coquillages que lorsqu'on en demande à Paris. C'est là que tout s'engouffre, et vous vous souvenez que, sur les rives de la Manche, nous n'en goûtions que quand les propriétaires des grands hôtels de bains en faisaient venir de la Halle. Bien que averti, je voulus, l'an dernier, expérimenter la chose par moi-même. Je restai vingt-quatre heures à Marennes avant d'obtenir une demi-douzaine d'huîtres médiocres que je payai fort cher. Ailleurs, je n'en obtins pas du tout. Dans certains villages, on m'offrit des colimaçons.

Enfin, je gagnai Cancale, où les huîtres étaient passables et le vin blanc de l'auberge excellent. Je me trouvai à table à côté d'un tout petit vieillard bossu, ratatiné et sordidement vêtu, qui me parut fort laid et avec qui pourtant je liai conversation, parce qu'il me sembla être le seul qui attachât de l'importance à la qualité des huîtres. Il les examinait sérieusement, les retournant de tous côtés.

- Est-ce que vous cherchez des perles ? lui demandai-je.

- Non, répondit-il ; je compare cette espèce, ou plutôt cette variété, à toutes celles que je connais déjà.

- Ah ! vraiment ? vous êtes amateur ?

- Oui, monsieur ; comme vous, sans doute ?

- Moi ? je voyage exclusivement pour les huîtres.

- Bravo ! nous pourrons nous entendre. Je me mets absolument à votre service.

- Parfait ! Avalons encore quelques-uns de ces mollusques et nous causerons. - Garçon ! apportez-nous encore quatre douzaines d'huîtres.

- Voilà, monsieur ! dit le garçon en posant sur la table quatre bouteilles de vin de Sauterne.

- Que voulez-vous que nous fassions de tout ce vin ? demanda d'un ton bourru le petit homme.

- Une bouteille par douzaine, est-ce trop ? dit le garçon en me regardant.

- On verra, répondis-je. Vos huîtres sont diablement salées. N'importe, pourvu qu'il y en ait à discrétion...

Georges Sand, Le gnome des huîtres (extrait) 

guillaumefouacehuitre_et_citron.jpg
Huître et citron, Guillaume Fouace

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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 08:40

C'est le temps des contes de Noël, des histoires qui nous plongent dans l'Esprit de Noël cher à Emilie Brontë ou à Charles Dickens comme dans Un Chant de Noël. On relira avec plaisir les Trois messes basses d'Alphonse Daudet ou la Nuit de Noël de Guy de Maupassant. Je vous propose de lire quelques extraits sur le dernier Yummy, spécial Noël ou de les lire in extenso, et c'est une belle idée de cadeau pour Noël, non ?
Et offrir Casse Noisette de Alexandre Dumas Père à un enfant, quel plus joli cadeau (vous en trouverez un extrait ici). Par tradition, nous regardons aussi le ballet de Casse Noisette dansé par le Bolshoi chaque veillée de Noël. L'histoire est magique, l'ambiance féérique, le décor si gourmand...
casse-noisette.jpg 

Un autre livre à offrir, plus original, décalé ? Je vous recommande l'Almanach Insolite aux Editions Mine de rien, sur le principe des anciens Almanachs, un format livresque que j'aime beaucoup, mais totalement modernisé et très littéraire : un recueil de textes, d'illustrations et même de recettes de cuisine (j'ai le plaisir de signer l'une d'entre elle, avec quelques copines blogueuses), c'est de surcroît un très bel objet de qualité, le papier a une main, le livre a une âme...
NB on peut trouver l'Almanach Insolite à la librairie Orange Bleue à Orange (Vaucluse). 

almanach-insolite.jpg

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 07:20

Comme un gourmand fieffé contemple un pain d'épice,
Je regarde, joyeux, tes cheveux de réglisse.
Tes yeux marrons glacés, ton nez bonbon fondant
Ornent avec faveur ton minois séduisant.
Tes dents sucre candi, ta lèvre de praline
Et ton menton sucré, te donnent bonne mine.
Ton épaule nougat, tes bras de caramel
Feront de ton époux le plus heureux mortel.

fruitsconfits_naturemorte.JPG
Les deux beaux fruits confits qui parent ta poitrine
Sont plus riches cent fois que ceux de ma vitrine.
Tes oreilles citron sont en pâte de coing ;
On est toujours tenté d'en mordre un petit coin !
Ton cœur n'est pas sorbet, mais ta peau couleur crème
Me plonge, en la voyant, dans un délire extrême.
Chaque fois que j'entends les accents de ta voix,
J'ose les comparer au miel de premier choix.
Bien des fois je dirais, sans que ma lèvre mente,
Que ta bouche répand un parfum à la menthe.
Ton regard langoureux est rempli de douceur,
Et t'épouser, Suzon, ce serait mon bonheur.
Trônant à mon comptoir, au fond de la boutique,
Ta superbe beauté séduira la pratique.
Et les gourmets heureux en mangeant des croquants
Dévoreront..... des yeux tes appas provocants ;
Ton corps majestueux, vrai gâteau de Savoie,
S'étalera brillant dans l'or et dans la soie.
Bref, l'heureux magasin de Madame Ledoux
Des gourmands attitrés sera le rendez-vous.

Joseph Guasco, Epître amoureuse d'un confiseur

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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 07:02

C'est la dent que nous mettons à la terre même avec le fer que nous y plantons, et déjà notre pain y mange à la façon dont nous allons le manger. Le soleil chez nous dans le froid Nord, qu'il mette la main à la pâte ; c'est lui qui mûrit notre champ, comme c'est le feu tout à nu qui cuit notre galette et qui rôtit notre viande. Nous ouvrons d'un soc fort dans la terre solide la raie où naît la croûte que nous coupons de notre couteau et que nous broyons entre nos mâchoires.

Mais ici le soleil ne sert pas seulement à chauffer le ciel domestique comme un four plein de sa braise : il faut des précautions avec lui. Dès que l'an commence, voici l'eau, voici les menstrues de la terre vierge. Ces vastes campagnes sans pente, mal séparées de la mer qu'elles continuent et que la pluie imbibe sans s'écouler, se réfugient, dès qu'elles ont conçu, sous la nappe durante qu'elles fixent en mille cadres. Et le travail du village est d'enrichir de maints baquets la sauce : à quatre pattes, dedans, l'agriculteur la brasse et la délaie de ses mains. L'homme jaune ne mord pas dans le pain ; il happe des lèvres, il engloutit sans le façonner dans sa bouche un aliment semi-liquide. Ainsi le riz vient, comme on le cuit, à la vapeur. Et l'attention de son peuple est de lui fournir toute l'eau dont il a besoin, de suffire à l'ardeur soutenue du fourneau céleste. Aussi, quand le flot monte les noriahs partout chantent comme des cigales. Et l'on n'a point recours au buffle ; eux-mêmes, côte à côte cramponnés à la même barre et foulant comme d'un même genou l'ailette rouge, l'homme et la femme veillent à la cuisine de leur champ, comme la ménagère au repas qui fume. Et l'Annamite puise l'eau avec une espèce de cuiller ; dans sa soutane noire avec sa petite tête de tortue, aussi jaune que la moutarde, il est le triste sacristain de la fange ; que de révérences et de génuflexions tandis que d'un seau attaché à deux cordes le couple des nhaqués va chercher dans tous les creux le jus de crachin pour en oindre la terre bonne à manger!

Le Riz, Paul claudel (Connaissance de l'Est


culture_riz.jpg
Culture du riz (dessin 
extrait du Keng-tche-tou) 

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