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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 07:00

maupassant_rosierdemmehusson-copie-1.jpgJe m'aperçus que je mangeais quelque chose de vraiment exquis, des oeufs mollets enveloppés dans un fourreau de gelée de viande aromatisée aux herbes et légèrement saisie dans la glace.
Je dis en claquant la langue pour flatter Marambot :
― Bon, ceci.
― Il sourit.
― Deux choses nécessaires, de la bonne gelée, difficile à obtenir, et de bons oeufs. Oh ! les bons oeufs, que c'est rare, avec le jaune un peu rouge, bien savoureux ! Moi, j'ai deux basses-cours, une pour l'oeuf, l'autre pour la volaille. Je nourris mes pondeuses d'une manière spéciale. J'ai mes idées. Dans l'oeuf comme dans la chair du poulet, du boeuf ou du mouton, dans le lait, dans tout, on retrouve et on doit goûter le suc, la quintessence des nourritures antérieures de la bête. Comme on pourrait mieux manger si on s'occupait davantage de cela !
Guy de Maupassant (le rosier de Madame Husson)

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 17:01

Le voilà bien, le "tonique" … Une gourde jumelée, en vieux cristal verdâtre, contient encore du vin d’oranges qui a bien cinq ans d’âge. Dans le fond d’un verre mince à hanche tordue - une coxalgie qui doit remonter à Louis XIII - qu’on me verse un doigt de vin d’oranges ! (...)
Il date d'une année où les oranges, du côté d'Hyères, furent belles et mûries au rouge. Dans quatre litres de vin de Cavalaire, sec, jaune, je versai un litre d'Armagnac fort honnête, et mes amis de se récrier : "Quel massacre ! une eau de vie de si bon goût ! la sacrifier à un ratafia imbuvable !..."

Au milieu des cris, je coupai, je noyai quatre oranges coupées en mames, un citron qui pendait le moment d'avant, au bout de sa branche, un bâton de vanille argenté comme un vieillard, six cent grammes de sucre de canne. Un bocal ventru, bouché de liège et de linge, se chargea de la macération, qui dura cinquante jours ; je n'eus plus qu'à filtrer et mettre en bouteilles.
Si c’est bon ? Rentrez seulement chez vous, Parisiennes, à la fin d’un après-midi d’hiver ou de faux printemps, cinglé de pluie, de grêle, fouetté de soleil pointu, frissonnez des épaules, mouchez-vous, tâtez votre front, mirez votre langue, enfin geignez : " Je ne sais pas ce que j’ai... " Je le sais, moi. Vous avez besoin d’un petit verre de vin d’oranges.
Colette (Prisons et Paradis)

Voici ma recette de vin d'orange. Et je vous rappelle ce jeu qui mêle gourmandise et/ou cuisine et littérature... Clin d'oeil aux "vendredistes" qui ont planché sur les vins oranges...Sophus_Petersen_Stilleben_mit_Orangen.jpg

Nature morte aux oranges de Sophus Petersen

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 17:09

munster_manu.jpgUn interdit de séjour. Expulsé. Condamné été comme hiver aux rebords des fenêtres, qu'il pleuve ou neige. D'apparence pourtant insignifiante, petit, circulaire, peu épais, hésitant entre le jaune et l'orangé, arborant par plaques des lèpres blanches ou grises. Ouvert, il révèle une chair crayeuse dans ses premiers âges, d'une pâleur de falaise normande, qui s'éboule facilement sous la pointe du couteau. Avec le temps, elle prend une mollesse pouvant aller jusqu'à la coulure, devenant ocre et luisante tandis que sa croûte se fripe comme les joues d'une rentière trop poudrée. Le munster vieillit au dehors, sans foyer, clochard laiteux s'abritant pauvrement contre un volet replié... Purin, lisier, merde liquide, vesse, crème tournée, dent cariée, si le sentir est difficile, c'est en bouche qu'il se délivre. Le respirer le condamne, le goûter l'amnistie. Derrière ses allures de Quasimodo, de vilain canard ou de galeux, c'est un prince qui pour apparaître attend qu'on veuille bien l'apprécier. On se trompe si souvent, sur les fromages ou sur les êtres.
Philippe Claudel (Parfums)

 

Merci à Simone de Rochegude, fidèle lectrice du blog, pour ce très beau texte envoyé à l'occasion des 6 ans de Saveur Passion. Si vous aussi êtes amateurs, comme nous, de littérature et de gastronomie, n'hésitez pas à participer à ce jeu culinaro-littéraire !
Et merci à Manu de Tout un fromage qui signe la photographie de ce munster !

 

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 07:40

jeanhenri_fabre.jpgLes truffes sont des champignons, mais leur organisation s'éloigne beaucoup de celle des agarics et des bolets; elles sont souterraines : leur développement s'effectue en entier sous terre. Ce sont des tubérosités charnues, arrondies, dont la chair est marbrée de veines où se forment les spores.
La truffe noire, de si grand renom culinaire, est arrondie, noire ou grise, dépourvue de toute espèce de racine ; sa surface est relevée de petites éminences ou verrues prismatiques. C'est au commencement de l'hiver qu'elle arrive à maturité. Alors sa surface est très noire et couverte de fines verrues, sa chair est noirâtre et marbrée de veines blanchâtres, son parfum est décidé. Les truffes viennent au voisinage d'un grand nombre d'arbres très différents, mais principalement des chênes et des châtaigniers. Elles préfèrent les terrains argileux, mêlés de sable et de parties ferrugineuses, où la chaleur et la pluie pénètrent aisément. Celles du Périgord sont les plus estimées.
Rien n'indique la présence des truffes dans le sol, si ce n'est une odeur particulière difficilement sensible pour l'homme, mais très sensible pour les porcs, qui recherchent ces champignons avec une avidité extrême. On conduit donc ces animaux dans les terrains à truffes; aussitôt qu'ils fouissent en un lieu plus particulièrement, on accourt, on les éloigne et avec une petite bêche on déterre la truffe. On récompense l'animal avec un gland pour l'encourager à continuer ses recherches et ses fouilles. Comme il faut une grande surveillance du porc, qui souvent dévore la truffe avant que l'on ait eu le temps d'accourir, on dresse des chiens à cette recherche.

Jean-Henri Fabre est un célèbre entomologiste et naturaliste, enseignant et chercheur, écrivain et poète, qui a étudié non seulement les insectes de Provence mais aussi la nature environnante, notamment la rabasse (truffe noire en provençal)... Voici un autre extrait sur le chien truffier.

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 06:35

rutabaga.jpgDans Paris de ma fenêtre*, témoignage et recueil de conseils domestiques durant la guerre, Colette évoque ou plutôt n'évoque pas le rutabaga qui a très mauvaise presse et dont les gens ne veulent plus entendre parler !

Si le mot "rutabaga" n'était, par tant de délicats, honni, je vous dirais bien que la tarte au rutabaga peut se faire chez soi à peu de frais... Vous n'en voulez pas ? Bon, je me tais.

(...)
Tarte aux fenouils, tarte aux pois de conserve, tarte à l'oseille, tarte aux rutab... Aïe, me voilà à l'amende. Une de mes correspondantes m'a taxée : cinq francs pour ses pauvres chaque fois que j'écrirai le mot ruta... enfin ce mot-là.

Je vous rappelle ce jeu culinaro-littéraire, si vous souhaitez participer...
*Le livre m'a été recommandé par Isabelle, elle-même également fan de Colette...

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 08:36

colette_cuisiniere.jpg(...) La flognarde que me fait Pauline quand j'ai bien travaillé, récompensez-en aussi vos enfants, vous n'y prendrez ni grande peine ni grande dépense, et c'est le plus expéditif des plats sucrés, cette grosse crêpe qui, dans le four, se fait enflée tellement qu'elle en crève.
Deux œufs seulement, un verre de farine, un d'eau froide ou de lait écrémé, une bonne pincée de sel, trois cuillerées de sucre en poudre. Dans la terrine, vous faites la fontaine avec la farine et le sucre, et vous incorporez peu à peu le liquide et les œufs entiers. Puis battez le mélange comme une pâte à crêpes : versez-le sur la tôle à tarte préalablement graissée, et mettez à tiédir sur un coin du fourneau ou du réchaud, pendant un quart d'heure, afin que le four ne "surprenne" pas votre pâte. Après quoi, en vingt minutes de cuisson, la flognarde devient une énorme boursouflure qui emplit le four, se dore, brunit, crève ici, gonfle là… Au plus beau de ses éruptions, retirez-la, sucrez-la de sucre en poudre légèrement et partagez-la toute bouillante. Elle aime bien une boisson qui pétille : cidre, vin mousseux ou bière par trop amère.

Colette en dit encore qu'elle est "une friandise brune et rissolée, qui rit encore à petits éclats en sautant du four"...

Je vous rappelle au passage ce jeu culinaro-littéraire... et à tout-à-l'heure pour une recette de flognarde bien sûr !

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 08:10

À Paris, les oranges ont l'air triste de fruits tombés ramassés sous l'arbre. À l'heure où elles vous arrivent, en plein orangepommedambre.jpghiver pluvieux et froid, leur écorce éclatante, leur parfum exagéré dans ces pays de saveurs tranquilles, leur donnent un aspect étrange, un peu bohémien. Par les soirées brumeuses, elles longent tristement les trottoirs, entassées dans leurs petites charrettes ambulantes, à la lueur sourde d'une lanterne en papier rouge. Un cri monotone et grêle les escorte, perdu dans le roulement des voitures, le fracas des omnibus
- À deux sous la Valence !
Pour les trois quarts des Parisiens, ce fruit cueilli au loin, banal dans sa rondeur, où l'arbre n'a rien laissé qu'une mince attache verte, tient de la sucrerie, de la confiserie. Le papier de soie qui l'entoure, les fêtes qu'il accompagne, contribuent à cette impression. Aux approches de janvier surtout, les milliers d'oranges disséminées par les rues, toutes ces écorces traînant dans la boue du ruisseau, font songer à quelque arbre de Noël gigantesque qui secouerait sur Paris ses branches chargées de fruits factices. Pas un coin où on ne les rencontre. À la vitrine claire des étalages, choisies et parées ; à la porte des prisons et des hospices, parmi les paquets de biscuits, les tas de pommes ; devant l'entrée des bals, des spectacles du dimanche. Et leur parfum exquis se mêle à l'odeur du gaz, au bruit des crincrins, à la poussière des banquettes du paradis. On en vient à oublier qu'il faut des orangers pour produire des oranges, pendant que le fruit nous arrive directement du Midi à pleines caisses, l'arbre, taillé, transformé, déguisé, de la serre chaude où il passe l'hiver ne fait qu'une courte apparition au plein air des jardins publics.
Pour bien connaître les oranges, il faut les avoir vues chez elles, aux îles Baléares, en Sardaigne, en Corse, en Algérie, dans l'air bleu doré, l'atmosphère tiède de la Méditerranée. Je me rappelle un petit bois d'orangers, aux portes de Blidah ; c'est là qu'elles étaient belles ! Dans le feuillage sombre, lustré, vernissé, les fruits avaient l'éclat de verres de couleur, et doraient l'air environnant avec cette auréole de splendeur qui entoure les fleurs éclatantes. Alphonse Daudet (Lettres de mon moulin)

Je vous rappelle au passage
ce jeu culinaro-littéraire, si vous voulez participer, vous êtes bienvenu !


 

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 08:50

colette_vin.jpgPoint de pampres au-dessus de mon berceau, Si ce ne fut quelque treille bordant un mur, des tonnelles bien épaisses sous lesquelles la grappe trop ombragée s'étire, maigrit, et ne mûrit que si l'arrière-saison se fait brûlante. Les jours d'automne torrides ne sont pas rares en Auxerrois. Le terroir s'y réclame de la vraie Bourgogne et jusqu'à notre Puisaye étend le rude rayon, la sonore gelée qui sur la Côte-d'Or apprêtent les grands vins. Veuf de ceps, mon pays natal buvait du vin. Le petit bourgogne anonyme y coulait en chopines, en setiers et demi-setiers, en verrinées. Il signait sa présence et sa vogue, sur les tables de bois grattées au tesson de verre, en cercles violâtres indélébiles. Les soirs d'hiver, le vin jeune - six sous le litre - bouillait à pleins pots, et dans son écume rose dansaient la rouelle de citron et l'épave de cannelle, pêle-mêle avec les dix grains de poivre et les radeaux des rôties naufragées.
En pays connu, Colette

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 16:32

Une belle araignée des jardins, ma foi, le ventre en gousse d'ail, barré d'une croix historiée. Elle dormait ou chassait, le jour, sur sa toile tendue au plafond de la chambre à coucher. La nuit, vers trois heures, au moment où l'insomnie quotidienne rallumait la lampe, rouvrait le livre au chevet de ma mère, la grosse araignée s'éveillait aussi, prenait ses mesures d'arpenteur et quittait le plafond au bout d'un fil, droit au-dessus de la veilleuse à huile où tiédissait, toute la nuit, un bol de chocolat. Elle descendait, lente, balancée mollement comme une grosse perle, empoignait de ses huit pattes le bord de la tasse, se penchait tête première, et buvait jusqu'à satiété. Puis elle remontait, lourde de chocolat crémeux, avec les haltes, les méditations qu'imposent un ventre trop chargé, et reprenait sa place au centre de son gréement de soie...
La Maison de Claudine, Colette
Quelle tasse de chocolat choisirez-vous chez Saveur Passion ? Une très épicée, comme jadis les Aztèques (sans lait) ? Une tasse de chocolat très crémeux parfumé au praliné ? Ou carrément une tisane cacaotée et un peu anisée ?



Nature morte au bol de chocolat (Juan de Zurbaran)naturemorte_bolchocolat.jpg

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 08:30

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