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Selon les approvisionnements du côté de Richerenches, du Ventoux ou du Luberon, ça sent la fin du diamant noir. Et ce ne fut pas une année fameuse, ici ou dans le Périgord. La météo a été par trop lunatique, oscillant bien trop entre humidité et gel pour que les truffes parviennent à leur maturité maximale. Du coup, fragrances douces et saveurs timides, il faut tout le talent d'un bon chef pour la mettre en valeur. Comme ici, chez Laurent Azoulay, au Saule Pleureur, qui fait le choix de produits de haute qualité, très bien cuisinés. Parmi les faire-valoir de la truffe noire, citons la coquille d'Erquy, la volaille fermière d'Ardèche et un parmesan d'exception qui joue les grands outsiders sur le risotto ou la polenta. Le chef soutient les producteurs locaux, maraîchers notamment. En ce moment, on ne peut que saluer cet engagement !
L'amuse-bouche non truffée est fine et savoureuse, comme un bonbon de poisson aux herbes accompagné de semoule épicée. Mais entrons dans le vif du sujet avec le risotto Carnaroli coulant à souhait lié de mascarpone truffé et vieux parmesan, râpée e truffe et jus de volaille truffé. Cuisson al dente, molto cremoso, gourmandise des saveurs, jus de viande corsé, un délice !Assiette 100% végétale, tous les légumes de nos maraîchers en cocotte et belle râpée de truffe noire, cubisme moelleux de cèpes, terre végétale, bouillon de cèpes aux truffes. Intéressant rapprochement entre les légumes racines et la truffe, éléments "terreux". Plus sobre que l'exubérant risotto, mais très beau, graphique. Il manque un peu de bouillon et de liant (sauce).
Les coquilles Saint-Jacques d'Erquy, juste saisies au poêlon, topinambours caramélisés et chips, bouillon crémeux à la truffe noire. Des saveurs plus corsées, affirmées, franches, sur un accord classique, avec une pointe fumée dans une crème de topinambour très fine qui donne une belle résonnance à la truffe, belle trouvaille. Définitivement, je préfère le taillage en bâtonnet qu'en fines lamelles surtout sur des plats chauds, la truffe garde son croquant...Le blanc de volaille fermière de l'Ardèche rôti sur la peau contisée de truffe noire en cocotte lutée au foin A.O.C de Montfavet, polenta coulante et émulsion d'un vieux parmesan, vrai jus aux truffes. La volaille est extrêmement fondante et bien parfumée (la truffe contisée, pas de mystère...), les saveurs sont nettes là encore, avec de fabuleux artichauts bien tournés à la fois croquants et fondants, divins.
Et la polenta est à l'avenant, une apothésose !
Fromage pour Monsieur, Brillat-savarin en farce fine de truffe, coeur de sucrine au vinaigre balsamique de Tavel, un filet d'huile d'olive de Bélugue.
Chocolat pour moi, avec une glace choco-truffe à ne pas manquer, avec une crème, un entremets pâtissier et un macaron : le tout chocolat autour des Pures Plantations, selon Olivier de Loisy, la fameuse glace choco / truffe.
Très joli repas autour de la truffe. Seul bémol, les vins, pas forcément les meilleurs choix pour un accord et pas toujours servis à la bonne température. Il manquait ce midi-là un sommelier (malade) à cette table de qualité... Il y en a eu pourtant lors de nos précédents repas au Saule Pleureur, de bons professionnels, ici et là.
A suivre enfin les projets du chef autour des aménagements du lac de Monteux, peut-être une guinguette ?
Le Saule Pleureur
145 Chemin Beauregard
84170 Monteux
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