L'ail fumé d'Arleux vient d'être reconnu par l'Europe et bénéficie officiellement depuis le 17 mai 2013 d'une IGP attestant son origine géographique : l'ail fumé d’Arleux est produit dans 62 communes du bassin d’Arleux dont 35 dans le département du Nord et 27 dans le Pas-de-Calais.
Facilement identifiable par sa couleur brune et son odeur caractéristique, qui n'est pas sans rappeler celle du bois consumé et des cendres de cheminée, l'ail d'Arleux est fumé selon une tradition qui remonterait au XVIème siècle, selon certaines sources. Jadis, on fumait l'ail pour le faire sécher et le conserver dans une région où l'humidité est forte, contrairement à l'ail du Sud, séché au soleil... Car sans séchage, l'ail se gorge d'eau puis moisit.
L'ail d'Arleux est en réalité une variété d'ail rose (on le perçoit davantage sur les gousses d'ail), un ail de printemps à longue conservation. Il n'est pas rare de conserver l'ail un an, voire plus ! Un peu comme l'ail rose de Lautrec, son plus sérieux concurrent... Sa saveur est prononcée (mais pas de goût de fumé !), plus douce, moins piquante que l'ail blanc de Provence.
La technique du fumage de l'ail (encore souvent à la tourbe, puisque la région environnante riche en marais fournit cette matière première avec laquelle les gens se chauffaient jadis par ailleurs, comme dans l'ouest de l'Irlande...) est propre donc à cette région qui s'étend autour d'Arleux sur les deux départements du Nord et du Pas de Calais.
En novembre 2008, une demande d'IGP a été déposée par le groupement des producteurs d'ail fumé d'Arleux auprès de l'INAO. De son côté, la Commission nationale des labels et certifications (CNLC) avait examiné le cahier des charges pour l'obtention par l'ail d'Arleux d'un Label Rouge. Le dossier a enfin été transmis au ministère de l'Agriculture qui le fait suivre à la commission de l'Union européenne pour enregistrement en IGP, chose faite depuis le 17 mai 2013. Actuellement les dix producteurs d'ail fumé d'Arleux, représentant une surface cultivée d'environ 50 hectares, produisent environ 500 tonnes (tonnage identique à l'ail d'Auvergne cultivé sur 70 ha, également en cours de démarche IGP et label rouge). Mais ce sont 3000 tonnes d'ail fumé qui sont produites sur plus de 200 hectaures à travers la région Nord-Pas de Calais, soit 10% de la production natioanle.
A noter, outre l'aire de production prise en compte pour l'IGP, les matériaux utilisés dans le bassin d'Arleux pour le fumage sont la courte-paille (l'enveloppe du grain de blé séparée de celui-ci pendant la récolte), la sciure, et enfin la tourbe, de plus en plus difficile à trouver faute de surfaces d'extraction.
L'ail fumé d'Arleux se fête durant trois jours début septembre, l'occasion pour les producteurs locaux de valoriser ce fleuron du Nord et pour le public présent d'en découvrir les atouts gustatifs en savourant la soupe à l'ail typique d'Arleux sou l'oeil complice d'Henriette la porteuse d’ail et le grind’Batiche, les deux géants de foire de sortie ces jours là...