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Jean Anouilh et une vive meunière accompagnée de riz aux palourdes

Connaissez-vous ce poème de Jean Anouilh ? Il m'avait marqué étant enfant... je vous le livre en (long) préambule, en ce dimanche...

La vive

Un enfant criait sur la plage
Il se tordait sur le sol.
On accourut du voisinage
On l’emporta hurlant, au prochain parasol.
Son petit pied gonflait de seconde en seconde.
Ses cris fendaient le cœur à tout le monde.
C’était pitié de voir souffrir cet innocent.
Un médecin passant,
D’aventure,
S’approcha. (Il ne faisait pas sérieux tout nu.)
Se penchant sur le pauvre petit corps tordu :
– C’est une vive, il faut une voiture,
Dit-il, le pharmacien
Lui fera une piqûre.
Moi, maintenant, je ne puis rien.
Il ajouta : – Hélas ! Jusqu’à l’autre marée,
Le pauvre petit va souffrir beaucoup.
Prises de panique à ce coup
Les mères affolées groupèrent leur troupeau.
Si un monstre marin était sorti de l’eau
Il ne les eût pas étonnées.
– C’est trop injuste, disaient-elles ;
Juste à la fin de la journée !
– La sale bête qu’on ne voit même pas !
– Il jouait, Madame, à deux pas
Avec sa petite pelle.
Il faisait des petits pâtés, bien gentiment !
– Pourquoi, mon dieu, pourquoi faut-il donc toujours craindre,
Lorsque l’on a des enfants ?
– Il faut se plaindre,
Dit un vieillard, au Syndicat d’Initiative.
Ils demandent assez d’argent.
Ils doivent protéger les gens !
– Il faut bien que chacun vive,
Dit la vive
Qui avait piqué l’enfant.

Jean Anouilh

La vive a donc toujours été ce poisson inquiétant, tapi dans le sable, prêt à bondir, une sorte d'animal mythologique, paré de toutes les vertus autant que du pire des maux...
Or, j'ai appris depuis qu'il était comestible et entrait dans la composition de la bouillabaisse, notamment... Et tout dernièrement, je l'ai découvert sur l'étal de ma poissonnière, tout rayé d'or... Un joli poisson, une fois qu'on lui a ôté ses épines dangereuses ! Et même à la chair goûteuse, et bon marché avec ça !

Ni une, ni deux, je repars avec ma vive sous le bras. Et que fait on d'un poisson que l'on connaît à peine, à qui 'lon vient juste d'être présenté ? On le cuisine meunière pardi ! Vapeur, cela aurait été trop triste... Et c'est une façon si rare chez moi, profitons de la simplicité de cette recette...

Ingrédients (2 adultes, 2 fillettes)
- 1 vive
- 1 cuillère à soupe de farine
- 10 grammes de beurre
- 1 peu d'huile d'olive
- jus de citron
pour le riz aux palourdes
- 200 grammes de palourdes
- 100 grammes de riz basmati
- 1 gousse d'ail
- persil
- sel, poivre

Préparation
Cuire le riz et réserver. Faire ouvrir les palourdes avec une gousse d'ail émincée. Décoquiller et réserver.
Fariner la vive et la poêler dans le mélange huile/beurre bien chaud (ou mieux, du beurre clarifié, qui ne brûle pas).
Tourner la vive au bout de 4 minutes, cuire encore 2 à 3 minutes, citronner.
Mélanger le riz, les palourdes et le persil ciselé. Servir le poisson et le riz aux palourdes aussitôt !


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M
Moi non plus je n'ai jamais mangé de vive !Recette étonnante...j'adore !Quant au petit poème d'Anouilh, je le trouve trop chou ! (de Bruxelles...bien sûr !)j'aime bien ceux qui mêlent littérature et cuisine ! Bravo !
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H
un repas simple et gourmand ! comme j'aime
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H
un repas simple et gourmand ! comme j'aime
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M
Mon mari se souvient encore de la vive ; il chassait et s'était fait piquer, très dur.Mais ta recette est parfaite.bises
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L
C'est avec plaisir, que j'en mangerai, de ces sales bêtes, qu'est ce que ça fait mal !!!! mais je ne savais pas que c'était comestible non plus...Un truc si vous vous faites piquer, trouver un fumeur et approcher le bout incandescent d'une cigarette de la piqure de vive (attention sans brûler la peau;-)) ça soulage vraiment... Parole de bretonne...
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V
Moi qui ne cuisine jamais les coquillages, j'aimerais bien goûter à ce plat.
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C
Bonjour, oui c'est vrai que je savais que la vive était utilisée (nottament en soupe) mais je serias très curieuse de l'essayer ainsi en meunière. Où en avez vous trouvé ?
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C
Moi non plus je ne savais pas qu'on pouvait manger de la vive! En général, j'ai plutôt tendance à l'éviter ;-)Je me demande bien quel goût ça a, en tous cas cette version meunière a l'air très bonne, et puis le riz aux palourdes, miam miam^^ 
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M
Je ne connaissais pas ce poème d'Annouilh et je n'ai jamais cuisiné la vive... bon dimanche à toi et à ta famille.
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I
ah moi j'adore ca quand on a le petit gout de beurre derrière hum c'est un régal
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