L'été dernier, le WWF tirait la sonnette d'alarme : la "surpêche" (notamment pratiquée illégalement par des contrevenants européens, turcs et lybiens) menace le thon rouge.
Les stocks de l'Atlantique Est et de la Méditerrannée sont en voie d'épuisement, précisait l'association écologique. De plus, les flottes industrielles capturent aujourd'hui des thons au large des côtes lybiennes, sur leur zone de reproduction !
La Commission Internationale pour la Conservation du Thon en Atlantique (ICCAT), responsable de la réglementation de la pêche au thon rouge, compte 42 nations. L'Europe y joue un rôle prépondérant et doit faire respecter les quotas. Or, entre 2004 et 2005, la surpêche a explosé littéralement la quantité imposée : de 32 000 tonnes autorisées, on est passé à respectivement 44 948 et 45 547 tonnes (soit une hausse de 40 % !)
En novembre, l'ICCAT a donc décidé de baisser considérablement ses quotas : les 32 000 tonnes actuellement autorisées seront réduites progressivement avec un objectif de 25 500 tonnes pour 2010. Les contrôles contre les fraudeurs seront également renforcés de même que sont imposés un poids de vente minimal ainsi que l'extension des périodes de fermeture de la pêche au thon.
Dans le même temps, l'organisation jumelle pour la sauvegarde du thon du Pacifique a diminué à son tour ses captures.
Face à ce réel problème de ressources hallieutiques, cinq organisations mondiales de gestion du thon se sont retrouvées au Japon cette semaine afin d'établir des quotas mondiaux. Rien que le lieu du débat est hautement symbolique, sachant que les japonais sont les premiers consommateurs de thon au monde ! Qui plus est à Kobé, grand port de pêche...
A l'issue de cinq jours de conférence, un plan de sauvegarde a été mis en place par les 60 pays représentés, il confirme "la nécessité critique de stopper le déclin des stocks de thon décimés, et de ramener ces stocks à des niveaux durables". Une première mondiale pour sauver le thon rouge de la surpêche et de ses pirates !