Le poiré est l'équivalent du cidre... à base de poire ! Cette boisson fermentée (faiblement alcoolisé, moins de 4% vol.) se caractérise par une couleur qui va du jaune paille au doré, une saveur fruitée hésitant entre pomme et poire, des bulles fines et une subitilité qu'on ne trouve pas dans le cidre.
Les boissons produites à partir de poire ont longtemps été répandues dans le Bocage Normand et tout particulièrement dans le Passais (aujourd'hui Domfrontais) et le Mortainais, deux régions traditionnellement productrices de poiré (nommément cité depuis le IVème siècle).
En bordure du Massif Armoricain, le Domfrontais offre aux poiriers un sol et un climat océanique favorables à leur développement. On trouve sur la partie ouest du Parc Naturel Régional Normandie-Maine des arbres d'une exceptionnelle longévité (jusqu'à 300 ans !) ; enrichi d'anciennes variétés et soumis à un programme de réhabilitation arboricole, ce terroir s'est vu récompenser d'un AOC qui certifie depuis 2001 le poiré de Domfront.
Le "plant de blanc" est la variété la plus couramment utilisée dans la production du poiré (même si l'on trouve près de 50 espèces de poiriers sur le terroir du Domfrontais.
La récolte a lieu à l'automne et les poires sont râpées dans la foulée. La pulpe obtenue subit une cuvaison avant d'être pressée (pressurage avec un rendement limité à 700 litres par tonne de fruits). La fermentation alcollique en cuve dure au moins 6 semaines et la prise de mousse naturelle en bouteille intervient par fermentation d'une partie des sucres résiduels et nécessite une durée minimale de six semaines.
Au final, une boisson désaltérante, voisine du cidre, qui accompagne aussi bien les crêpes que les desserts légers, les gourmandises caramélisées, certains poissons et viandes blanches, il rehausse les sauces et se marie à perfection avec l'échalote...