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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 18:13
Le jour se levait lentement d'un gris très doux, lavant toute chose d'une teinte claire et d'aquarelle. Ces tas moutonnants comme des flots pressés, ce fleuve de verdure qui semblait couler dans l'encaissement de la chaussée, pareil à la débâcle des pluies d'automne, prenaient des ombres délicates et perlées, des violets attendris, des roses teintés de lait, des verts noyés dans des jaunes,  toutes les pâleurs qui font du ciel une soie changeante au lever du soleil ; et à mesure que l'incendie du matin montait en jets de flamme au fond de la rue Rambuteau, les légumes s'éveillaient davantage, sortait du grand bleuissement traînant à terre. Les salades, les laitues, les scaroles, les chicorées, ouvertes et grasses encore de terreau, montraient leurs coeurs éclatants ; les paquets d'épinards, les paquets d'oseille, les bouquets d'artichauts, les entassements d'haricots et de pois, les empilements de romaines, liées d'un brin de paille, chantaient toute la gamme du vert, de la laque verte des cosses au gros vert des feuilles ; gamme soutenue qui allait en se mourant, jusqu'aux panachures des pieds de céleris et des bottes de poireaux. Mais les notes aigües, ce qui chantait plus haut, c'étaient toujours les tâches vives des carottes, les tâches pures des navets semées en quantités prodigieuses le long du marché, l'éclairant du bariolage de leurs deux couleurs. Au carrefour de la rue des Halles, les choux faisaient des montagnes ; les énormes choux blancs serrés et durs comme des boulets de métal pâle ; les choux frisés, dont les grandes feuilles ressemblaient à des vasques de bronze ; les choux rouges, que l'aube changeait en des floraisons superbes, lie de vin avec des meurtrissures de carmin et de pourpre sombre. A l'autre bout, au carrefour de la pointe Saint-Eustache, l'ouverture de la rue Rambuteau était barrée par une barricade de potirons orangés, sur deux rangs, s'étalant, s'élargissant leurs ventres. Et le vernis mordoré d'un panier d'oignons, le rouge saignant d'un tas de tomates, l'effacement jaunâtre d'un lot de concombre, le violet sombre d'une grappe d'aubergines, çà et là, s'allumaient ; pendant que de gros radis noirs, rangés en nappe de deuil, laissaient encore quelques trous de ténèbres au milieu des joies vibrantes du réveil.

(...)

Il ne reconnaissait plus l'aquarelle tendre des pâleurs de l'aube. Les coeurs élargis de ssalades brûlaient. La gamme du vert éclatait en vigueurs superbes, les carottes saignaient, les navets devenaient incandescents, dans ce brasier triomphal. A sa gauche, des tombereaux de choux s'éboulaient encore. Il tourna mles yeux, il vit, au loin, des camions qui débouchaient toujours de la rue Turbigo.

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commentaires

irisa 26/03/2008 15:33

ce passage est à peindre ..... Si j'avais ce talent , car il en faut beaucoup pour se hisser au niveau de cette littérature ...

Diane 26/03/2008 08:48

zola, mon premier amour en littérature classique. Il sonne tellement vrai!

Helene(Cannes) 26/03/2008 08:10

Un livre que je reprends régulièrement ... avec la nostalgie d'être née un peu trop tard et de n'avoir connu des Halles que l'horrible centre commmercial qui s'y trouve aujourd'hui !BisousHélène

bloga2 25/03/2008 21:05

Un grand bonhomme dont j'ai lu et relu  sans me lasser tous les livres. J'ai même eu la chance au bac de Français d'être interrogée sur un extrait de GERMINAL. J'ai une petite faiblesse pour "Le rêve"....  

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